Le Blog littéraire d'André Bonet, samedi 21 novembre 2009. Ces quinze dernières années, les médiathèques ont connu dans notre département un essor important. L'ouverture d'une nouvelle médiathèque de proximité est toujours un évènement, et celle qui a été inaugurée hier au Soler, en présence du représentant de l'État, le Préfet Jean-François Delage et de François De Closets en est l'illustration. Cette nouvelle médiathèque Martin Vivès permettra de poursuivre et développer l'offre de service culturel au service de tout un territoire. Pour son inauguration, la Ville du Soler avait choisi d'inviter un parrain prestigieux et profondément humain, en la personne de François De Closets, auteur de Zero faute (Fayard).
Des milliers de documents vont être mis à la disposition du public, répartis dans les sections adulte et jeunesse. La poursuite du développement du fonds de documents et l'ouverture à des supports tels que cédéroms, DVD ou encore l'accès à Internet permettront au public d'acquérir des connaissances nouvelles tout au long de l'année. C'est une chance et une opportunité pour la population du Soler qui pourra ainsi bénéficier d'une véritable programmation d'expositions, de rencontres d'auteurs, de projections, d'ateliers qui sera proposée selon des thématiques définies annuellement, mettant en valeur un auteur, un mode d'expression, un art, en lien avec les supports de la médiathèque. Grâce au travail de l'équipe de la médiathèque Martin Vives ces actions se déclineront en fonction des catégories de publics visés (petite enfance, enfants, adolescents, adultes, familles, seniors).
L'ouverture d'une médiathèque n'a pas d'autre finalité que d'avoir l'ambition d'offrir l'accès à l'épanouissement culturel pour tous
Il s'agit d'amener les publics peu sensibilisés à la lecture, au multimédia et à une démarche d'ouverture culturelle, à franchir la porte de la médiathèque au moyen de multiples activités.
L'ouverture d'une médiathèque est un acte citoyen très fort qui a aussi pour objectif de développer et renforcer le lien social sur la commune.
La relation que sera capable d'établir l'équipe avec le public, la qualité des services, conditionneront l'envie des lecteurs d'investir le lieu. L'environnement sera propice à la consultation, à l'écoute, à la découverte sur place dans le respect de la quiétude de tous. Le brassage des publics autour des différentes animations favorisera la rencontre et l'échange, participant ainsi au développement du lien social.
Il faudra pour y parvenir développer les partenariats. C'est déjà le cas aujourd'hui avec le Festival de la Science et l'ensemble des institutions qui y sont associées, comme par exemple l'Association « les petits débrouillards », le Centre Méditerranéen de Littérature, mais aussi l'Université de Perpignan et le Collège du Soler.
En effet les associations, les écoles et collèges, la halte garderie, les services municipaux de la Jeunesse, de l'Éducation et de la Culture, le CCAS, les maison de retraite, celle des Lauriers roses ainsi que Sainte Eugénie, et enfin tous les bénévoles devront être associés au projet de la médiathèque en fonction de ses objectifs.
C'est en s'insérant dans le tissu social, éducatif et culturel de la commune, que chacun contribuera à le faire vivre, en se l'appropriant pour dynamiser ses propres actions.
L'art de Martin Vivès
Un mot sur le peintre Martin Vives qui donne son nom à la Médiathèque. L'art de Martin Vivès nous fait vivre en plénitude cette expérience de la relation charnelle entre le visible et l'invisible. Dans chacune de ses oeuvres il montre que la nature n'est pas en surface ; elle est en profondeur. Les couleurs sont l'expression , à cette surface, de cette profondeur. Elles montent des racines du monde pour désigner justement en dernière analyse « la nature à son origine ». D'où la sublimité de ses paysages cérétans, ses chemins de croix, ses maisons de village, tout le Roussillon, réalisant, au-delà de l'impressionnisme et du classicisme, ce miracle d'une géométrie réglée sur le monde sensible. Ce qui assurément relève en plénitude dans ses tableaux de la présence au sens phénoménologique rigoureux, à savoir non pas un objet de fascination passive mais une ouverture à un don accueilli comme une grâce.
Pour son inauguration, la Ville du Soler avait choisi d'inviter un parrain prestigieux et profondément humain, en la personne de François De Closets.
Zéro faute, L'orthographe, une passion française
François De Closets a souffert de sa mauvaise orthographe. Mais contrairement à d'autres, qui cacheront parfois toute une vie ce handicap, comme une maladie honteuse, il a décidé de raconter ce calvaire, avec courage, honnêteté et beaucoup de talent.
On dit souvent que l'orthographe est la science des imbéciles car elle n'a pas grand lien avec l'intelligence, ce qu'illustre bien votre histoire. Néanmoins, elle aide parfois à la communication écrite, et elle est indispensable a la bonne compréhension par le lecteur de la pensée de l'auteur. Il est un bel exemple : on peut progresser en orthographe, mais cela demande plus d'efforts à certains qu'à d'autres.
Dans son cas personnel , il n'a jamais eu de grands problèmes avec les accords, ni avec les conjugaisons, mais il est resté longtemps fâché avec l'orthographe d'usage. Le fait d'avoir beaucoup lu n'aide pas forcément à mémoriser. Et il n'a pas honte de le dire, il a toujours un dictionnaire à côté de mon ordinateur...
Avec lui , et grâce à lui, fini les complexes. Après avoir lu son livre, on se sent enfin libre vis-à-vis de l'orthographe. Avouer que l'on fait des fautes d'orthographe est difficile, presque impossible, dans une société qui a sacralisé cette discipline. Comme il le dit : "Le français a favorisé la cohésion de toute une nation. L'orthographe a permis à un peuple d'illettrés de devenir un peuple de scribes. C'est pour ça qu'il est si difficile, dans ce pays où l'orthographe est l'une des plus compliquées du monde, de mener une réforme qui serait nécessaire. Et c'est aussi cette même orthographe baroque et impraticable qu'on a érigée en critère de sélection sociale et scolaire depuis près de deux siècles."
Le livre de François de Closets est un pavé dans la marre ! Un sacré pavé courageux et salutaire. En le refermant on se sent apaisé de se dire qu'écrire le Français ne doit plus être une souffrance, mais au contraire, une source d'enrichissement, de découverte et d'enchantement permanent.
François De Closets, Zéro faute, L'orthographe, une passion française, Editions Fayard - Mille et une nuits, 318 p., 20,90 ¤
De gauche à droire sur la photo : Jean-Marie Nicolas, secrétaire général de la préfecture des Pyrénées-Orientales, représentant le Préfet Jean-François Delage, Danièle Pagès, Maire-déléguée de Perpignan et conseillère régionale, François Calvet, Député-Maire du Soler, François de Closets et André Bonet.