C'EST A LIRE CET ETE: LES AUTEURS DU MUMERO 3 D'XXI APPORTENT UN SACRE BOL D'AIR FRAIS

C'EST A LIRE CET ETE: LES AUTEURS DU MUMERO 3 D'XXI APPORTENT UN SACRE BOL D'AIR FRAIS
Le Blog d'André BONET, mardi 22 juillet 2008. Le magazine XXI a créé un appel d'air. Il y a des plumes connues et des apprentis, des romanciers, des free-lance, des touche-à-tout, des photographes et des dessinateurs. Le numéro 3 est sorti.

Des noms à retenir parmi les nouveaux auteurs du numéro d'été de XXI. Qui sont-ils? Vol au-dessus du nid de ces auteurs de XXI qui nous apportent "un sacré bol d'air frais".
Ecrivain-voyageur, diplômé de Sciences-Po Paris, Laurent Maréchaux (son article : Ce Taliban qui fut l'ami des Américains) parcourt le monde et les océans en quête de rencontres insolites et d'inspiration. Ses deux premiers romans - Les sept peurs qui retracent notamment ses «années moudjahiddines» et Le fils du dragon qui évoque une rencontre imaginaire entre Joseph Conrad et Arthur Rimbaud sont parus au Dilettante. Son troisième, Bijoux de famille, sortira fin août 2008, toujours au Dilettante.

Entretien avec John Mc Arthur

Justin Vaïsse, (Entretien avec John Mc Arthur) chercheur à la Brookings Institution de Washington, est historien. Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégé et docteur en histoire, il est spécialiste de l'histoire politique des Etats-Unis et de la politique étrangère américaine. Ancien chargé de mission pour le Centre d'Analyse et de Prévision du ministère des Affaires étrangères, il a enseigné à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris de 1999 à 2007, et enseigne à présent à l'université Johns Hopkins. Auteur de plusieurs ouvrages sur les Etats-Unis, son prochain livre, à paraître en octobre 2008 chez Odile Jacob, s'intitule Triomphe de l'idéologie. Les néoconservateurs dans la vie politique américaine, 1965-2008.
Journaliste et écrivain, Sylvie Caster (son article : Les moines de la place du Capitole) a débuté en faisant partie de l'équipe du premier Charlie-Hebdo, avec Cavanna, Cabu, Wolinski, Reiser, Willem. Elle a tenu une chronique hebdomadaire au Canard Enchaîné, pendant plus de treize ans, ce qui lui a valu le Prix Mumm. Elle a publié en 1980 son premier roman, Les Chênes Verts (Edition Bernard Barrault) que suivront entre autres Nel est mort (Editions Barrault), Bel-Air (Grasset, Prix Populiste et Prix des Bouquinistes), La petite Sibérie (Grasset) et Dormir (Editions Pauvert, Prix Jean Freustié ). Elle travaille actuellement à l'écriture d'un nouveau roman.
Patrice Claude (son article : Putain de guerre ! - quand l'Irak devient le théatre de l'absurde) est entré au Monde en 1980. Correspondant permanent en Afrique australe, en Asie du sud, en Europe et au Proche Orient, il a couvert de nombreux conflits, notamment en Afrique du sud, en Angola, au Mozambique, au Sri Lanka, au Pakistan et en Afghanistan, lors de l'occupation soviétique de ce pays. Après le 11 septembre 2001, il retourne chez les Pashtous de l'Est et du Sud afghan en attendant l'arrivée des troupes américaines au sol. Il se rend à Bagdad début mars 2003. Les premiers bombardements de l'invasion anglo-américaine commencent dans la nuit du 19 au 20. Depuis, Patrice Claude est retourné en Irak, 4 à 5 fois par an pour des séjours de plusieurs semaines. Il a été récompensé par le Prix Hachette du grand reportage en 2006 pour l'un de ses articles depuis Bagdad.

Inde, mon entreprise dans un bidonville

CMax (son article : Inde, mon entreprise dans un bidonville) est né à Paris en 1985. Bref passage par des études d'art qu'il abandonne pour réellement travailler dans la bande-dessinée. Mancha, chevalier errant, aux éditions Futuropolis, naîtra en 2007 d'un voyage au Mali et au Rwanda. En 2008, de retour d'Inde, il travaille sur le storyboard d'un court métrage d'Azouz Begag. L'été 2008 se fera en Palestine, où il animera un atelier de dessin dans un camp de réfugiés et préparera sur le sujet un album aux éditions La boîte à Bulles.
Joseph Confavreux (son article : L'Islam à la carte) est producteur-coordinateur de l'émission de documentaire et de reportage Sur Les Docks, diffusée quotidiennement sur France Culture. Il a publié l'année dernière, en collaboration avec Alexandra Romano, un guide pas pratique mais politique de l'Égypte, aux éditions La Découverte, intitulé Égypte, histoire, société, culture. Chez le même éditeur, il a co-dirigé un ouvrage associant journalistes, sociologues et écrivains, La France Invisible, en 2006.
Né en 1968, Jan Hinrik Drevs (son article : Un rêve de sous-marin) a grandi à Lübeck, dans le nord de l'Allemagne. Etudiant à l'université de Tübingen, puis à San Francisco, il a commencé à travailler comme journaliste de télévision. Après des années passées à produire de nouveaux programmes, il est devenu free-lance et s'est concentré sur la direction de long documentaires pour la télévision allemande. Il a reçu de nombreuses récompenses. Le sous-marin de M. Pilipenko est le premier documentaire de 90 minutes qu'il dirige. Jan Hinrik Drevs vit à Ratzeburg, près de Hambourg.
Helène Erlingsen (son article : Les ennemis de mon père - dans les pas d'un soldat tué en Algérie) est née en 1952 à Saint-Louis du Sénégal. Fille d'un sous officier, mort pour la France pendant la guerre d'Algérie, elle a fait une partie de ses études à Agen, dans le Lot-et-Garonne, d'où est originaire sa famille. Journaliste à France 3, elle est titulaire d'un doctorat en sciences politiques et diplômée des Hautes Etudes de la Défense nationale et de la Sécurité Intérieure. Aujourd'hui elle termine une seconde thèse, en droit du travail.

Adam et Eve au pied de la lettre

Ecrivain, David Fauquemberg (son article : Adam et Eve au pied de la lettre) a 35 ans. Il vit à Paris entre deux voyages - Laponie, Patagonie, Andalousie... En 1998, il enseigne la philosophie quelques mois avant de prendre la tangente. Il part pour l'Australie, où il séjournera deux ans. Un périple intense, qui lui inspire son premier roman, Nullarbor (Ed. Hoëbeke), prix Nicolas Bouvier 2007. Il travaille actuellement sur un second roman, une histoire de boxeurs à Cuba.
Fabrice Guyot (son article : Coiffure pour dames). "Né en 1962, autodidacte, je vis et travaille à Paris, Après trois années d'allers et retours en Afrique de l'ouest comme correspondant pour une agence de presse, je m'installe en 1987 à Paris comme assistant de photographes de mode et de publicité. Après quelques annèes comme indépendant dans la publicité, je travaille depuis 1999 pour la presse magazine. J'aime alterner les sujets personnels, sur lesquels je peux passer le temps qu'il me faut, et les sujets commandés par les magazines."
Né en 1971, René Harder (son article avec Jan Hinrik Drevs : Un rêve de sous-marin) a grandi à Konstanz, en Allemagne. Il a fait des études de théâtre et est passé par l'école d'état de Saint Petersburg (Russie) et l'école de Giessen (Heiner Goebbels, Jean-Marie Straub). Il est diplômé de l'université de Hamburg. Depuis 1998, il a travaillé comme directeur, auteur et acteur à de nombreux théâtres de Hamburg, Görlitz et Leipzig. Mais sa vraie passion est la direction de films. Depuis 2002, il écrit et dirige des courts métrages.

Les papillons jaunes de Macondo

Né en 1963, Philippe Lançon (son article : Les papillons jaunes de Macondo) est grand reporter au quotidien Libération, où il écrit des critiques, des reportages et des portraits essentiellement littéraires. Il est également chroniqueur à l'hebdomadaire Charlie Hebdo. Dans les années 90, il a travaillé à L'Evénement du Jeudi. Sa vie ayant longtemps valsé entre Cuba et l'Espagne, il a appris la langue espagnole sur le tas, pour comprendre un peu mieux ce qu'il vivait, ou pour l'inventer. La littérature hispanique l'y a aidé. C'est à Cuba, où résidait souvent Gabriel Garcia Marquez, qu'il a lu pour la première fois Cent ans de solitude. Sous le nom de Gabriel Lindero, il a publié un roman qui se déroule dans cette île : Je ne sais pas écrire et je suis un innocent (Calmann-Lévy).
Maria Malagardis (son article : L'histoire vraie de Survivre avec les loups) est journaliste indépendante et travaille régulièrement pour Libération et Rue89. Elle a longtemps couvert l'actualité africaine, du Cameroun au Rwanda (pour le quotidien La Croix) puis en Afrique du Sud où elle fut la correspondante de Libération et de la BBC pendant quatre ans. Elle est l'auteur d'un livre sur les survivants du génocide rwandais, Rwanda, le jour d'après (Ed Somogy 1995). Depuis 2001, elle a travaillé pour différents magazines réalisant des reportages aussi bien en France, qu'à l'étranger, du Sri-Lanka à la Thailande en passant par la Grèce et la Namibie.
Le plaisir de lire l'actualité est au rendez-vous du nouveau numéro d'été de XXI, tant par la qualité de fond et de forme que par la diversité des sujets. C'est un moment magique qui circule dans ses pages. Avec ce numéro 3, l'équipe d'XXI est en passe de ganger la partie. Bonne lecture à tous.
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# Posté le mardi 22 juillet 2008 14:16
Modifié le mardi 22 juillet 2008 15:03

LE COURAGE EXEMPLAIRE D'INGRID BETANCOURT

LE COURAGE EXEMPLAIRE D'INGRID BETANCOURT
Le Blog d'André BONET, 14 juillet 2008. En lui remettant les insignes de chevalier de la Légion d'honneur lors de la traditionnelle garden-party de l'Elysée pour le 14 juillet, le chef de l'Etat a rendu hommage à Ingrid Betancourt. A cette femme qui a su rester "digne, droite, fière et courageuse", pendant ses "six ans et cinq mois de captivité aux mains de tortionnaires moyenâgeux".

"La République veut vous témoigner son admiration, sa reconnaissance", lui a déclaré Nicolas Sarkozy. Il l'a invité à rester encore en France, "où vous êtes bien, en sécurité, où l'on vous aime", lui a-t-il également assuré.
Le président Sarkozy a également parlé de "tous ceux, qui, dans le monde sont prisonniers", invitant à rester mobilisés pour eux, comme on l'a fait pour Ingrid Betancourt, "car ce qu'on fait, ça sert", a-t-il dit.

"J'offre cette distinction aux hommages morts en captivité"

Après s'être vu remettre par le président un gros bouquet de roses, Ingrid Betancourt, chignon haut et robe violette à volants agrémentée d'une broche représentant une colombe de la paix, s'est exclamée d'une voix émue: Ingrid Betancourt: "Je suis bien consciente que je ne mérite pas cette décoration mais elle me fait tellement plaisir». (...) D'autres Colombiens comme moi restent, là-bas, aux mains des Farc. (...) Ils sont certainement moins bien traités encore que moi. Leurs chaines sont sûrement plus courtes, ils ont certainement moins à manger dans leur gamelle, moins de temps pour se laver à la rivière (...). Il faut qu'ils soient libérés aussi, très vite. Alors je compte sur vous monsieur le Président, je compte sur Carla, avec sa belle voix et son c½ur, je compte aussi sur mon ami Bernard Kouchner", lance-t-elle vibrante, avant de s'exprimer, la voix tremblante sous le coup de l'émotion en espagnol. "Je pense aussi à tous mes compagnons qui ne reviendront jamais, à tous ceux qui sont morts en captivité. Je leur offre cette distinction car ils la méritent plus que moi".
Dans "La rage au coeur", le premier livre d' Ingrid Betancourt paru en 2003, on peut lire : "Je m'appelle Ingrid Bétancourt, j'ai quarante ans, je suis mère de deux enfants. Je suis aussi sénateur dans mon pays, la Colombie. Je dois beaucoup à la France. J' y ai fait mes études. Ce livre, écrit en français, est pour moi une façon de maintenir ce lien. Je voulais raconter mon combat au pays qui m'a appris la démocratie et la liberté. Vous savez combien les cartels de la drogue, cette drogue qui ronge nos enfants, sont puissants chez nous. Vous entendez parfois parler des tueries et des scandales politiques qu'ils provoquent. Mais derrière ces organisations mafieuses, il y a mon peuple, un peuple courageux et fier qui veut sortir de cet engrenage infernal. Depuis maintenant dix ans, je me bats pour lui. C'est dangereux. Mes enfants ont été menacés, j'ai dû me séparer d'aux pendant trois ans, et je risque de les voir partir à nouveau loin de moi. A deux reprises, la mafia a tenté de me tuer. Je suis consciente du danger, mais il ne me fera pas reculer. L'espoir est là." La mafia a tenté de la tuer, mais Ingrid est toujours vivante. Une femme debout, qui trouvre encore la force de sourire. Elle sourit à la vie et à la liberté. Elle nous invite à la suivre avec cette espérance étoilée, illustrée par une colombe accrochée à son coeur.
Nous attendons à présent la suite de cette Rage au coeur, une suite qui tient du courage, et du miracle aussi...

"La rage au coeur" d'Ingrid Betancourt , Editions Pocket , 248 pages
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# Posté le samedi 19 juillet 2008 10:13
Modifié le dimanche 20 juillet 2008 13:48

QUELLE UNION POUR LA MEDITERRANEE ?

QUELLE UNION POUR LA MEDITERRANEE ?
Le Blog littéraire d'André BONET, vendredi 11 juillet 2008. Lancé par Nicolas Sarkozy au printemps 2007, le projet d'Union méditerranéenne (rebaptisé « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée » en mars 2008) inaugure une nouvelle ère dans les relations complexes, mais essentielles, entre l'Union européenne et les pays du pourtour oriental et méridional de la Méditerranée. Projet novateur et ambitieux, il est lancé dimanche à Paris.

Un peu d'histoire pour situer les enjeux sur cette mer Méditerranée qui alimente depuis des mois toutes les conversations : cette mer intracontinentale presque entièrement fermée, située entre l'Europe, l'Afrique et l'Asie s'étend sur une superficie d'environ 2,5 millions de kilomètres carrés. Son ouverture vers l'océan Atlantique par le détroit de Gibraltar est large de seulement 14 kilomètres.
Elle doit son nom au fait qu'elle est littéralement une « mer au milieu des terres », en latin mare medi terra (selon Isidore de Séville au VIIe siècle).
Durant l'Antiquité, la Méditerranée était une importante voie de transports maritimes; permettant l'échange commercial et culturel entre les peuples émergents de la région - les cultures de la Mésopotamie, de l'Égypte, sémitiques, persanes, phéniciennes, carthaginoises, grecques et romaines. L'histoire de la Méditerranée est importante dans l'origine et le développement de la civilisation occidentale.

13 juillet 2008 : une nouvelle ère commence...

«Je veux lancer un appel à tous les peuples de la Méditerranée, pour leur dire que c'est en Méditerranée que tout se joue, et que nous devons surmonter toutes les haines pour laisser la place à un grand rêve de paix et de civilisation. Je veux leur dire que le temps est venu de bâtir ensemble une Union Méditerranéenne qui sera un trait d'union entre l'Europe et l'Afrique.»
C'était le 6 mai 2007, au soir. Dans son premier discours de président, Nicolas Sarkozy affichait son ambition. Non sans souffle, le nouvel élu rappelait tout ce que nous devons à la Grande Bleue, mais surtout redisait sa conviction, selon laquelle «l'avenir de l'Europe est au sud».
43 pays participeront donc au Sommet de Paris pour la Méditerranée. Il s'agit des pays membres de l'Union européenne, les pays du Sud de la Méditerranée, membres du Processus de Barcelone ainsi que plusieurs autres Etats de la région qui, pour des raisons diverses, n'étaient pas impliqués dans Barcelone.
La France, organisatrice du sommet, a ainsi invité l'Albanie, l'Algérie, l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, le Danemark, l'Egypte, l'Espagne, l'Estonie, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande, Israël, l'Italie, la Jordanie, la Lettonie, la Lituanie, le Liban, le Luxembourg, Malte, le Maroc, la Mauritanie, Monaco, le Monténégro, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, la Syrie, la Tunisie et la Turquie, ainsi que l'Autorité palestinienne.
A ce jour, la quasi-totalité des Etats invités ont confirmé leur participation au plus haut niveau, c'est-à-dire au niveau des chefs d'Etat ou chefs de gouvernement, et nous attendons les dernières confirmations.
La France a également invité la Commission européenne, le Parlement européen, le Secrétaire général du Conseil, Haut Représentant pour la PESC, ainsi que les organisations suivantes : Nations unies, Ligue des Etats arabes, Union africaine, Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe, Union du Maghreb arabe, Banque mondiale, Banque européenne d'investissement et Banque africaine de développement.
Les organismes suivants seront également présents à Paris : Assemblée parlementaire pour la Méditerranée , Alliance des Civilisations, Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue des cultures, Organisation arabe pour l'Education, la Science et la Culture, Bibliotheca Alexandrina, Institut du monde arabe, Programme des Nations unies pour l'environnement/Plan d'action pour la Méditerranée, Organisation maritime internationale.
L'Union pour la Méditerranée est «la meilleure nouvelle pour la paix au Proche-Orient » , a déclaré M. Sarkozy, jeudi 10 juillet. Pour le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, le sommet sera «un succès historique».

Avec AFP et Wikipedia
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# Posté le vendredi 11 juillet 2008 12:53
Modifié le vendredi 11 juillet 2008 13:56

MAROC 1921- 1926 : LE CONFLIT OUBLIE DE LA GUERRE DU RIF

MAROC 1921- 1926  : LE CONFLIT OUBLIE DE LA GUERRE DU RIF
Le Blog littéraire d'André BONET, mardi 24 juin 2008. Entre 1921 et 1926, le Maroc est le théâtre d'une véritable guerre : la Guerre du Rif. De sa montagne au relief tourmenté, un jeune chef berbère, Abdelkrim, défie les deux puissances européennes qui occupent son pays, la France et l'Espagne. Vincent Courcelle-Labrousse et Nicolas Marmié publient l'histoire extraordinaire de ce conflit oublié, La guerre du Rif, aux éditions Tallandier.

Rien ne semble pouvoir arrêter les troupes du rebelle qui écrasent l'armée d'Alphonse XIII, massacrent des milliers de ses soldats et provoquent la chute de la fragile monarchie parlementaire espagnole. Après l'Espagne, c'est au tour de la France de prendre de plein fouet l'explosion rifaine. Le choc est d'une brutalité inouïe. La Guerre du Rif voit se croiser ou s'affronter des hommes aux destins exceptionnels. Dans la canicule des djebels, Lyautey, Juin, de Lattre de Tassigny, Catroux, Giraud connaissent la peur de voir l'armée française battue par des paysans berbères, alors qu'à Paris, Doriot, Cachin et Thorez associés aux surréalistes pourfendent l'impérialisme d'un Painlevé ou d'un Briand. Pétain est appelé en sauveur du sultan du Maroc et en tombeur de Lyautey. Sous le gouvernement du dictateur Primo de Rivera, un jeune officier du Tercio, Franco, se forge une réputation de militaire impitoyable. Lutte sans merci pour la liberté, conflit oublié de l'histoire coloniale, la Guerre du Rif éclaire encore aujourd'hui par bien des aspects les liens très spéciaux de la France et du Maroc, tout comme la sensibilité des rapports du royaume chérifien avec l'Espagne.Dans ce croissant de Méditerranée, on parle le tamazight, l'idiome millénaire des Berbères, bien plus que l'arabe, et on ne reconnaît guère l'autorité du sultan, encore moins celle des colonisateurs.

L'illusion coloniale

«Alors qu'au lendemain de la Grande Guerre, écrivent les auteurs, les calendriers de la France convalescente célèbrent encore le sacrifice de ses troupes indigènes, un peuple de montagnards berbères, conduit par un chef hors du commun, Abdelkrim el-Khattabi, va faire vaciller l'illusion coloniale.» Leader-né, formé en Espagne et soucieux de libérer les siens de l'archaïsme, Abdelkrim, qui fut juge, instituteur et journaliste avant de devenir un redoutable chef de guerre, s'insurge en unissant les tribus du Rif. Le 21 juillet 1921, à Anoual, 3 000 Rifains déterminés fondent sur les Espagnols. Le carnage dure trois semaines et se solde par 16 000 morts espagnols et des milliers de blessés; 20 000 fusils, 400 mitrailleuses, 200 canons sont pris par les «rebelles». Le désastre est d'une telle proportion qu'il provoque, par contrecoup, un pronunciamento en Espagne. Le général Primo de Rivera prend le pouvoir et instaure une dictature. De son côté, Abdelkrim proclame la République confédérée des tribus du Rif, première tentative d'Etat décolonisé. Poursuivant sa lutte, Abdelkrim attaque, au printemps 1925, les postes français. Paris envoie sur place Pétain, le héros de Verdun, qui débarque avec des chars, des avions, un équipement dernier cri et prend la tête d'un contingent de près de 200 000 hommes, auxquels s'ajoute une armée espagnole de taille équivalente, dans laquelle va s'illustrer un officier du nom de Franco. Aragon et Breton, communistes français et surréalistes, prennent parti pour les insurgés; reporters et photographes affluent sur les lieux. Pour vaincre, les Européens, qui disposent d'un appui aérien américain, vont recourir à des moyens inhabituels, notamment à un programme secret pour fabriquer des armes chimiques. «Une usine est installée dans les environs de Madrid, la Maranosa, montrent les auteurs. En juin 1922, à Melilla, un atelier de fabrication d'obus toxiques - phosgène, chloropicine - est également créé avec une assistance française.» Des avions munis de gaz moutarde bombarderont des villages entiers, faisant des Marocains les premiers civils gazés de l'histoire contemporaine. En mai 1926, Abdelkrim se rend, mais sa légende se poursuit, jusqu'à sa mort au Caire, en 1963. La barbarie saisissante des combats, un ballet d'espions, la rencontre de Pétain et de Primo de Rivera, le destin romanesque d'Abdelkrim et l'implication méconnue de la France font de ce livre une lecture marquante.

La guerre du Rif, de Vincent Courcelle-Labrousse et Nicolas Marmié, 364 pages, 25 ¤

La guerre du Rif

1921 Révolte des tribus rifaines. Désastre espagnol à Anoual.
1922 Abdelkrim proclame la république rifaine.
1925 Lyautey remplacé par Pétain. Débarquement espagnol à Alhucemas.
1925 Reddition d'Abdelkrim.


Sources : Editions Tallandier, l'express.fr et tv5.org
# Posté le mardi 24 juin 2008 12:37
Modifié le mardi 24 juin 2008 18:19

PRIX MEDITERRANEE 2000 : ALBERT COSSERY, PRINCE ET ESTHETE DE LA LITTERATURE FRANCAISE EST MORT

PRIX MEDITERRANEE 2000 : ALBERT COSSERY, PRINCE ET ESTHETE DE LA LITTERATURE FRANCAISE EST MORT
Le blog littéraire d'André BONET, dimanche 22 juin 2008. Né le 3 novembre 1913 au Caire, fils d'un père rentier et d'une mère illettrée, Albert Cossery avait découvert Paris à l'âge de 17 ans après avoir été formé dans les écoles françaises du Caire. Il est l'auteur de huit livres parmi lesquels figurent «la Violence et la dérision» (1964), «Un complot de saltimbanques» (1975), «Mendiants et orgueilleux» (1995). L'ensemble de son oeuvre, parue aux éditions Joëlle Losfeld, a été récompensée par le Grand prix de la Francophonie de l'Académie française (en 1990), le Grand prix littéraire de la ville d'Antibes (en 1995) et le Prix Poncetton de la société des gens de lettres (en 2005). Il avait également reçu le Prix Méditerranée pour «Les Couleurs de l'infamie» en 2000.

Albanel salue Albert Cossery

La ministre de la Culture Christine Albanel a rendu hommage à l'écrivain égyptien Albert Cossery, décédé dimanche à Paris, saluant en lui "un prince et un esthète de la littérature française". Ecrivain de langue française, "d'une langue à la fois simple et exigeante, il a vu sa petite dizaine de romans couronnée de nombreux prix et connaître le succès", rappelle la ministre dans un communiqué, rendant hommage à ce "dandy nonchalant, amoureux de la France" qui "avait fait du Saint-Germain-des-Prés des lettres son royaume". "A Joëlle Losfeld, sa précieuse éditrice et complice depuis vingt ans, et à tous ceux qui partagent ce même amour de la France et de Paris comme une fête, je dis ma grande tristesse de perdre avec Albert Cossery une certaine élégance de la littérature", ajoute-t-elle.
Tous les livres d'Albert Cossery sont écrits en français. "J'aime cette langue", a-t-il souvent dit, précisant toutefois: "Je suis et reste un égyptien de culture et de langue françaises, avec un univers égyptien. C'est pour cela que mes livres ne font référence qu'à mon pays natal".
"Je pense en arabe. Même un personnage qui vous dit +bonjour+, il y a quelque chose derrière. Ce n'est pas un bonjour à l'européenne, c'est-à-dire qui ne signifie rien. Et cela je dois le rendre" dans mes livres, indiquait-il dans un entretien filmé par l'INA accordé à Michel Mitrani.
En 1945, il débarque à Paris, connaît la vie de bohème, fréquentant en plein après-guerre Camus (son copain de drague), Genet, Gréco, Giacometti, Vian ou Mouloudji. Il s'installe dans un modeste hôtel de la rue de Seine, La Louisiane, où il restera toute sa vie.
Sa chambre comprend certes un frigo et une télévision mais son occupant n'a ni bibelots ni souvenirs. Il ne possède que des vêtements: "pour attester ma présence sur terre, je n'ai pas besoin d'une belle voiture", ironisait-il.
Le vieux dandy du Quartier latin, qu'on croisait ces dernières années impeccablement habillé, le regard acéré sur tout ce qui l'entourait, le corps devenu aussi léger qu'une plume, aura fait preuve, sa vie durant, d'une forme de paresse, d'hédonisme, de simplicité ainsi que d'une absence d'illusions politiques: il savait trop bien qu'en finir avec un despote ne signifiait pas forcément la fin de la tyrannie.
En 1998, un cancer de la gorge l'avait privé de ses cordes vocales, le rendant presque aphone. Il griffonnait sur un bloc-notes pour répondre aux questions des journalistes.
Ses livres sont traduits en une quinzaine de langues mais, selon lui, les versions arabes ne sont pas bonnes, en raison de passages censurés qui en appauvrissent la lecture.

Source : AFP
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# Posté le dimanche 22 juin 2008 14:45
Modifié le dimanche 22 juin 2008 18:34