LILIAN THURAM FAIT UN TRIOMPHE A PERPIGNAN

LILIAN THURAM  FAIT UN TRIOMPHE A PERPIGNAN
Le Blog d'André Bonet. Invité par le Centre méditerranéen de littérature, le champion du monde de football débutait hier à Perpignan la tournée promotionnelle qui accompagne la sortie de son livre "Mes étoiles noires". Près de 1 000 personnes sont allées à la rencontre de Lilian Thuram auteur de "Mes Etoiles noires"(1).


Votre ouvrage qui rappelle, et réhabilite parfois, la trajectoire de grandes figures noires, est-il un appel à la modification des manuels scolaires ?

Ce n'était pas le but au départ. Je voulais questionner la société. J'ai fait réaliser un sondage après la sortie du livre, 80 % de la population française dit avoir entendu parler des Noirs à travers l'esclavage et l'Apartheid. A la question : "Quelles sont les qualités des Noirs ?", il est toujours répondu les mêmes clichés. Ne pouvons-nous pas avoir une éducation où les connaissances remplacent les croyances, une éducation qui amène à plus de fraternité ?

Que pensez-vous de l'éducation telle qu'elle est transmise aujourd'hui ?

On possède du savoir, pas toujours le bon et c'est dangereux, mais il ne faut pas culpabiliser les gens. Quand on aborde l'esclavage, on croit toujours que c'est une confrontation Noir contre Blanc alors que c'est avant tout un système économique fondé sur l'exploitation de l'homme par l'homme, exactement comme le servage. Sur quels critères avez-vous choisi les portraits présents dans votre livre ? Le point commun est la non victimisation. Les mettre à disposition est une stratégie pour dépasser les problèmes de racisme.

Vous racontez que les enfants vous parlent encore de "caractéristiques raciales".

Absolument. Mais comment leur en vouloir ? Ils voient à la télé des Noirs champions d'athlétisme, de foot, des images de sportifs. On ne leur propose rien d'autre. C'est le même mécanisme pour les femmes, là aussi il faut éduquer. Mais encore une fois, il ne faut pas culpabiliser les sociétés.

Dans votre série, il manque une figure noire très souvent utilisée quand il s'agit d'incarner le combat contre le racisme, l'athlète Jesse Owens grand vainqueur des Jeux Olympiques de l'Allemagne nazie.

Un oubli ! Je l'ai oublié, même si je parle quand même un peu de lui. Mais j'en ai oublié d'autres. Ses exploits étaient une sacrée surprise à Berlin en 1936 car à cette époque on ne disait pas que les Noirs étaient doués ou plus forts en sport.

Avez-vous une tendresse particulière pour une des figures que vous avez recensées ?

Ça dépend des jours ! Aujourd'hui Frantz Fanon qui invite à sortir des prisons des couleurs. Un jour j'ai demandé à mon fils de quelle couleur il était, il m'a répondu "marron". "Et dans ta classe ?", "Ils sont roses, papa". Les couleurs, c'est une construction.


© Entretien réalisé par Frédérique Michalak, L'Indépendant


© Crédit photo : Caroline Morel

(1) Mes étoiles noires, de Lucy 
à Barack Obama, de Lilian Thuram. Éditions Philippe Rey. 18 euros.
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# Posté le mercredi 03 février 2010 04:10

Modifié le mercredi 03 février 2010 10:07

LILIAN THURAM EST INVITE A PERPIGNAN LE 2 FEVRIER POUR LA PRESENTATION DE SON LIVRE, MES ETOILES NOIRES : « LA MECONAISSANCE INDUIT LE RACISME »

LILIAN THURAM EST INVITE A PERPIGNAN LE 2 FEVRIER POUR LA PRESENTATION DE SON LIVRE, MES ETOILES NOIRES : « LA MECONAISSANCE INDUIT LE RACISME »
Le Blog littéraire d'André Bonet. Le prestigieux footballeur esquisse le portrait d'hommes et de femmes à la peau noire qui ont marqué l'histoire. Nelson Mandela, Tommie Smith, Rosa Parks ou Mumia Abu-Jamal ont aidé « Tutu » à éviter de se positionner en victime.
Lilian Thuram, né en Guadeloupe en 1972, a connu une carrière prestigieuse de footballeur international: champion du monde en 1998, champion d'Europe en 2000, vice-champion du monde en 2006, ainsi que de nombreux titres en club. II a détenu jusqu'au 28 octobre 2008 le record de sélections en équipe de France, record appartenant aujourd'hui à Sandrine Soubeyran, capitaine de l'équipe de France féminine. En 2008, il a créé la Fondation Lilian Thuram, éducation contre le racisme. Cet ouvrage a été rédigé en collaboration avec Bernard Fillaire.
Lentement mais sûrement, Lilian Thuram quitte sa panoplie de footballeur pour endosser l'habit d'homme engagé dans les affaires de la cité. Non qu'il soit attiré par le pouvoir pour le pouvoir. N'a-t-il pas décliné l'invitation de Nicolas Sarkozy de s'asseoir dans un fauteuil ministériel  ? N'a-t-il pas refusé l'offre du socialiste Jean-Paul Huchon de figurer sur sa liste aux régionales  ? Lilian Thuram entend mettre sa notoriété au service d'un principal combat  : vaincre le racisme par le biais de l'éducation. Son livre, Mes étoiles noires (1) est, à travers une série de portraits, un véritable appel à dépasser les préjugés racistes. Lilian Thuram présentera son livre, Mes étoiles noires (Ed. Philippe Rey) en exclusitivité à Perpignan le mardi 2 février 2010, à l'invitation du CML, au gymnase du Lycée Artistide Maillol , de 13h à 16h.



Votre principal but en écrivant ce livre était-il de faire de chaque portrait un appel à dépasser les préjugés racistes  ?

Lilian Thuram.

Effectivement, car c'est la méconnaissance qui induit le racisme. Savoir qu'il peut exister, parmi nos étoiles, nos guides, des personnages de toute couleur et de tout sexe permet de dépasser les préjugés racistes ou sexistes. La lecture du sondage que ma fondation a commandé (2) montre que 80 % des Français disent que c'est à travers l'esclavage, la colonisation et l'apartheid qu'ils ont entendu parler pour la première fois, à l'école, des peuples noirs. Ce n'est pas anodin dans la construction de l'imaginaire des êtres humains, qu'ils soient blancs ou noirs. Avec ce livre, je voulais apporter de la connaissance en montrant une diversité de personnages qui changent cet imaginaire. Qui savait, par exemple, que des pharaons noirs ont existé dans l'Égypte antique  ? Connaître cette histoire permet de changer beaucoup de choses dans la société. Seul le changement de nos imaginaires peut nous rapprocher et faire tomber nos barrières culturelles.

Il est frappant de constater, à la lecture de votre livre, qu'insulter un Noir en mimant un singe était déjà une pratique courante pendant l'esclavage. Cette violence subsiste encore aujourd'hui, notamment à l'encontre des footballeurs noirs. Le combat contre le racisme est-il si difficile à gagner  ?

Lilian Thuram.

Il faut connaître le mécanisme pour comprendre pourquoi cette insulte subsiste à notre époque. Le Noir était pendant longtemps considéré comme le chaînon manquant entre le singe et l'homme. L'inconscient collectif véhicule encore aujourd'hui cette image. Mais est-ce que le racisme est difficile à combattre  ? Je ne le crois pas, car, pour moi, c'est d'abord une question d'imaginaire. De plus, le travail consistant à le déconstruire n'a jamais été réalisé. On a toujours eu un discours moralisateur sur le racisme, or il faut le dépasser en tentant de bien comprendre son mécanisme pour le combattre de façon intelligente. Le jour où on mettra sur les murs des classes des hommes et des femmes de toute couleur, qui auront réalisé des exploits, les préjugés tomberont. J'ai eu entre les mains un ouvrage pour les enfants, intitulé Quinze Siècles d'histoire racontée. Pas un seul des personnages présentés dans ce livre n'est noir. Je suis persuadé que son auteur ne s'en est même pas rendu compte. Je ne l'incrimine pas car on n'échappe pas à son éducation. On n'invente pas ce que l'on ne connaît pas. Il faut donc enrichir nos connaissances pour dépasser nos croyances et nos préjugés.

Votre livre paraît au moment où on débat sur « l'identité nationale ». N'est-on pas aujourd'hui en train d'instrumentaliser les « bas instincts des gens », comme du temps des colonies les théories racistes développées, y compris par les scientifiques, servaient, dites-vous, d'alibi afin de maintenir une éducation au rabais  ?

Lilian Thuram.

Ce débat arrive à un moment bien précis dans la société. Face à la crise financière, on a trouvé le moyen de détourner l'attention sur l'objectif le plus important  : la lutte pour la justice sociale. C'est une technique vieille comme le monde  : diviser pour régner. Surtout, il leur faut trouver des boucs émissaires, créer des « nous » et des « eux ». C'est une façon de créer deux groupes antagoniques. J'espère que la société est assez mature pour ne pas tomber dans ce piège. C'est quoi l'identité nationale si ce n'est ce qui est écrit sur les frontons des mairies  : liberté, égalité, fraternité  ? Des valeurs auxquelles il faut ajouter la laïcité et la démocratie. Le débat a glissé sur l'identité des Français. Or il est impossible de déterminer cette identité-là, d'autant que chaque Français a la sienne propre, qui ne peut être que complexe.

Avec le portrait de l'écrivain Mongo Beti, vous lancez un véritable « J'accuse » contre les multinationales qui « volent l'Afrique ». Est-ce un nouveau combat pour vous  ?

Lilian Thuram.

Le personnage de Mongo Beti me permet de dire certaines vérités. On pourra toujours « aider au développement » ou faire semblant de le faire. Mais il se trouve que toutes les aides cumulées sont six fois moins importantes que les capitaux qui sont volés à l'Afrique par les multinationales. En conséquence, et en dépit de ses richesses humaines, vivrières et minières, mécaniquement l'Afrique s'appauvrit. Ce n'est pas une destinée mauvaise qui aurait programmé la pauvreté des Africains, ni un manque de « maturité » l'empêchant de s'ouvrir à la démocratie, c'est un système d'exploitation forcenée mis en place et maintenu par le Fonds monétaire international. Certains pays occidentaux évoquent volontiers la démocratie alors qu'elle n'est pratiquée par aucune des institutions internationales qui gouvernent la planète, ni au FMI ni à la Banque mondiale. Toute l'½uvre de Mongo Beti crie cette douleur, cette injustice et cette misère imposée.

C'est sans doute la première fois que vous dites que l'esclavage « n'était pas une confrontation entre Noirs et Blancs, mais un système économique ». N'est-ce pas une façon de reconnaître que la traite négrière est à l'origine du capitalisme  ?

Lilian Thuram.

J'ai compris que l'esclavage n'était pas une confrontation entre Noirs et Blancs, mais un système économique, une activité ordonnée, organisée, un commerce d'êtres humains soigneusement planifié. À la même époque, il y avait en France le servage, qui se rapproche de l'esclavage. C'est bien la preuve qu'il s'agit bien d'une exploitation de l'homme par l'homme. La traite négrière a constitué le début de la globalisation, qui fait que l'homme devient une marchandise. L'esclave n'était-il pas une marchandise  ? Des pays esclavagistes africains en avaient tiré parti, c'est dire que ce n'est pas une histoire de couleur de peau.

Vous mettez largement en garde contre la victimisation. Pour vous, connaître l'histoire aide à se sortir de cette posture  ?

Lilian Thuram.

Chacun des personnages de mon livre quitte son état de victime, dépasse sa couleur de peau pour arriver à lutter contre les injustices. Mais je peux comprendre que certains soient aujourd'hui dans la victimisation. Parmi les 80 % de la population qui commence à connaître l'histoire des peuples noirs par l'esclavage et la colonisation figurent des personnes de couleur noire. Ces dernières ne peuvent s'identifier qu'aux victimes de ces systèmes et s'enfermer dans la victimisation, la violence ou la radicalisation si on ne leur montre pas d'autres pistes. Quand on est victime, on ne peut avancer. Les victimes s'apitoient trop sur leur sort et attisent le mépris, voire la haine de l'autre. Surtout, elles recherchent forcément des coupables. Et le cycle ne peut que recommencer.

Vous rappelez dans votre livre le traité « honteux » du 18 septembre 1850, qui statue sur la capture des esclaves évadés aux États-Unis. Ceux qui aident un fugitif sont passibles d'amende et de prison. Cela vous a rappelé ce qui se passe aujourd'hui en France avec les sans-papiers. C'est aussi un combat qui vous tient à c½ur  ?

Lilian Thuram.

Effectivement, car, hier comme aujourd'hui, on appelle toujours la conscience à la dénonciation. On pointe du doigt des gens que l'on dit différents de nous. On recherche toujours des boucs émissaires. On oublie que ce sont tout simplement des hommes et des femmes qui essaient de vivre le mieux possible. On a inventé des mots pour certaines personnes  : les sans-papiers  ! Qu'est-ce que cela veut dire  ? Est-on plus homme avec des papiers  ? Chacun de nous essaie de vivre, et la vie nous emmène dans des endroits où l'on peut trouver le bonheur. Il faudra bien réfléchir de façon globale à cette question. On sait bien qu'avec le réchauffement climatique, il y aura des mouvements de population. C'est quand même normal que les individus recherchent leur bonheur  ! Je pourrais moi-même faire des milliers de kilomètres, traverser la mer pour aider mes proches s'ils étaient dans le besoin.

Vous concluez votre livre par le portrait de Barack Obama. Cela signifie-t-il que l'élection d'un président noir est la victoire suprême sur les préjugés racistes  ?

Lilian Thuram.

Pas du tout. C'est tout simplement le dernier personnage en date qui a fait changer l'imaginaire des gens. Pour moi, les mentalités auront évolué quand l'élection d'un président noir ne fera plus événement, quand on n'insistera plus sur sa couleur de peau.

© Entretien réalisé par Mina Kaci paru dans l'Humanité du 21 janvier 2010

(1) Mes étoiles noires, de Lucy 
à Barack Obama, de Lilian Thuram. Éditions Philippe Rey. 18 euros.

(2) Sondage réalisé pour la Fondation Lilian Thuram pour l'éducation contre le racisme, par LH2 sport, 
le 8 et le 9 janvier 2010.

Lilian Thuram est l'invité exceptionnel du CML le 2 février 2010 à Perpignan, gymnase du Lycée Maillol, à partir de 13 heures, 73 avenue Pau Casals 66000 PERPIGNAN. Rencontre-débat sur le thème « LA MECONAISSANCE INDUIT LE RACISME ». Lilian Thuram dédicacera son livre sur place, puis à partir de 16h à la FNAC de Perpignan. Entrée libre. Infos CML : 04 68 51 10 10.
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# Posté le samedi 23 janvier 2010 01:22

Modifié le samedi 23 janvier 2010 01:45

LA MORT D'UN AMI DU CML PHILIPPE SEGUIN NOUS PLONGE DANS LA TRISTESSE

LA MORT D'UN AMI DU CML PHILIPPE SEGUIN NOUS PLONGE DANS LA TRISTESSE
Philippe Séguin, 66 ans, est mort . L'ancien ministre, actuel président de la Cour des comptes, a succombé à une crise cardiaque alors qu'il se trouvait à son domicile. Né à Tunis en 1943, Philippe Séguin avait été tour à tour ministre des Affaires sociales et de l'Emploi et président de l'Assemblée nationale française de 1993 à 1997 avant de devenir premier président de la Cour des comptes en 2004. Il avait aussi été à la tête du RPR de 1997 à 1999.

L'HOMMAGE DU CML A PHILIPPE SEGUIN

Les venues régulières de Philippe Seguin à Perpignan, à l'occasion de la parution de ses ouvrages successifs resteront parmi les moments forts de l'histoire du CML. Philippe Séguin, qui fut député-maire d'Epinal vint, entre autre, présenter sa biographie de Louis-Napoléon Le Grand (Grasset). Ce Napoléon III qui est, sûrement, le plus mal aimé des chefs d'Etat de la France et le Second Empire le plus mal connu de ses régimes. Tous ceux, nombreux, qui ont croisés Philippe Seguin à Perpignan sont unanimes. Ils gardent le souvenir d'un homme de compagnie agréable, chaleureux et passionné d'histoire. Le ministre-historien était aussi très fier de ses racines méditerranéennes. Né en Tunisie, il se tenait régulièrement informé de l'évolution du prix Méditerranée auquel il est resté toujours très attaché. C'est d'ailleurs avec joie qu'il reçut plusieurs lauréats du prix Méditerranée dans les salons de l'hôtel de Lassay lorsqu'il présida aux destinées de l'Assemblée Nationale. Le CML salue l'ami disparu, ce grand responsable politique, respectueux du débat public et de ses adversaires, profondément attaché à la République et à ses valeurs. Le CML salue enfin L'homme engagé pour la Méditerranée et le monde méditerranéen.

Bibliographie

« Réussir l'alternance - contre l'esprit de revanche », Collection « Franc-parler », Editions Robert Laffont (1985) ;
« La force de convaincre » entretiens avec Pierre Servent, Collection « Itinéraires », Editions Payot (1990) ;
« Louis Napoléon le Grand », Editions Grasset (1990) ;
« Discours pour la France », Editions Grasset (1992) ;
« De l'Europe en général et de la France en particulier », avec Marie-France Garaud, Collection « Pamphlet », Editions Le Pré aux Clercs (1992) ;
« Ce que j'ai dit », Editions Grasset (1993) ;
« Discours encore et toujours républicains », Editions Denoël, Collection « documents » (1994) ;
« Deux France ? », En collaboration avec Alain Minc, Editions Plon, (1995) ;
« 240 dans un fauteuil – « La saga des présidents de l'Assemblée », Editions du Seuil (1995) ;
« En attendant l'emploi », Editions du Seuil, collection « essais » (1996) ;
« C'est quoi la politique ? », Editions Albin Michel (1999) ;
« Plus Français que moi, tu meurs ! », Editions Albin Michel (2000) ;
« La mondialisation sonne-t-elle le glas du politique ? », Editions Fides (2001) ;
« Lettre ouverte à ceux qui veulent encore croire à Paris », Editions Albin Michel (2000) ;
« Revisiter Montcalm », Editions Fides (2002) ;
« Itinéraire. Dans la France d'en bas, d'en haut et d'ailleurs », Editions du Seuil (2003).

Photo : Philippe Seguin entouré de Paul Alduy, de l'écrivain Yves Berger, d'André Bonet, président du CML et de Michel Sitja.
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# Posté le jeudi 07 janvier 2010 02:27

Modifié le jeudi 07 janvier 2010 05:26

LES VINGT MEILLEURS LIVRES DE L'ANNEE 2009 CHOISIS PAR L'EXPRESS ET LE MAGAZINE LIRE

LES VINGT MEILLEURS LIVRES DE L'ANNEE 2009 CHOISIS PAR L'EXPRESS ET LE MAGAZINE LIRE
La rédaction de Lire a choisi ses 20 meilleurs livres de l'année 2009. Et que le vaste monde poursuive sa course folle, de Colum McCann, est le premier d'entre eux.
L'histoire se situe dans le New York des années 1970. Sur une corde tendue entre les Twin Towers s'élance un funambule. Corrigan, un prêtre irlandais, cherche Dieu au milieu des prostituées, des miséreux du Bronx ; dans un luxueux appartement de Park Avenue, des mères de soldats disparus au Vietnam se réunissent pour partager leur douleur et découvrent qu'il y a entre elles des barrières que la mort même ne peut surmonter ; dans une prison new-yorkaise, Tillie, une prostituée épuisée, crie son désespoir de n'avoir su protéger sa fille et ses petits-enfants.... Porté par la grâce de l'écriture de Colum McCann, un roman vibrant, poignant, l'histoire d'un monde qui n'en finit pas de se relever.


Meilleur livre de l'année

Colum McCann, Et que le vaste monde poursuive sa course folle ( Belfond) -

Récit français

Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne (P.O.L.) -

Roman étranger

Philip Roth, Exit le fantôme (Gallimard) -

Autobiographies ex aequo

Claude Lanzmann, Le lièvre de Patagonie (Gallimard) -

Daniel Cordier, Alias Caracalla (Gallimard) -

Roman français

Dany Laferrière, L'énigme du retour (Grasset) -

Polar

Dennis Lehane, Un pays à l'aube (Rivages/Thriller) -

Découverte étrangers

Marilynne Robinson, Chez nous ( Actes Sud) -

Révélation française

Thierry Hesse, Démon (L'Olivier) -

Premier roman étranger

Paolo Giordano, La solitude des nombres premiers (Seuil) -

Histoire

Yuri Slezkine, Le siècle juif (La Découverte) -

Biographie

Gabriel Garcia Marquez, Une vie (Grasset) -

Roman Gonzo,Tom Robbins Comme la grenouille sur son nénuphar (Gallmeister) -

Essai critique

Alain Finkielkraut, Un coeur intelligent (Stock/Flammarion) -

Philosophie

François Roustang, Le secret de Socrate pour changer la vie (Odile Jacob) -

Cuisine

John Dickie Delizia, Une histoire culinaire de l'Italie (Buchet-Chastel)

Nouvelles

Antonio Tabucchi, Le temps vieillit vite (Gallimard) -

Classique revisité

Alfred Döblin, Novembre 1918. Une révolution allemande (Agone) -

BD

David Prudhomme, Rébétiko (Futuropolis) -

Jeunesse

Anne-Laure Bondoux, Le temps des miracles (Bayard Jeunesse) -
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# Posté le lundi 28 décembre 2009 06:22

Modifié le lundi 28 décembre 2009 06:48

EN LIBRAIRIE LE 7 JANVIER 2010 : "COMME PERSONNE" D'HUGO HAMILTON LE LIVRE -EVENEMENT DE LA RENTREE

EN LIBRAIRIE LE 7 JANVIER 2010 : "COMME PERSONNE" D'HUGO HAMILTON LE LIVRE -EVENEMENT DE LA RENTREE
Hugo Hamilton est né à Dublin en 1953. Auteur du sulfureux Berlin sous la Baltique (Phébus « Libretto », 2005) et de polars (Déjanté, Phébus, 2006, et Triste flic, Phébus, 2008), il rencontre avec Sang impur un succès international (Prix Femina étranger 2004, Phébus), et confirme ici qu'il est un des plus importants écrivains irlandais contemporains.

De Hugo Hamilton on n'avait guère pu lire en français que l'étonnant Berlin sous la Baltique (éd. du Rocher, 1992). Il décroche douze ans plus tard le prix Fémina Etranger 2004 avec un roman autobiographique ou autobiographie en forme de roman, Sang impur qui évoque l'enfance de l'auteur dans le Dublin pauvre des années 50 et 60, entre une mère allemande que les braves gens du coin traitent de nazie — alors qu'elle est issue d'une famille où l'on détestait Hitler — et un père délirant engagé dans le combat nationaliste irlandais pur et dur, qui exige qu'aucun mot d'anglais ne soit prononcé sous son toit. Pour les trois gamins de cette drôle de famille, la violence est partout : à l'école où on les traite en parias, dans la rue où les graffitis en forme de croix gammée fleurissent sur leur passage, et jusqu'à la maison par la main du père frappeur... pitoyable personnage qui impose ses lubies à coups de taloches, mais échoue lamentablement dans toutes les entreprises de la vie.

Roman de la quête et de l'errance

Le nouveau roman d'Hugo Hamilton, "Comme personne" , sort en librairie le 7 janvier 2010. L'évènement atttendu de cette rentrée littéraire. Au crépuscule de la Deuxième Guerre mondiale, Maria Liedmann fuit les ruines d'un Berlin dévasté. Elle vient de perdre son petit garçon lors d'un bombardement. Il s'appelait Gregor, il avait à peine trois ans. Dans son errance vers le Sud du pays, la mère, esseulée, bouleversée, retrouve son père, Emil.
Homme rondouillard et joyeux, bien déterminé à redonner le sourire à sa fille, il saisit sa chance, lorsque, dans la marée humaine des fuyards, le destin lui fait croiser la route d'un orphelin du même âge que Gregor. Il met la main de l'enfant dans celle de Maria. Il s'appellera Gregor. Il sera son fils. « Qui remarquerait un jour la différence ? »
Soixante ans plus tard, ce souvenir hante encore la mémoire de Gregor. Cette route, ce grand-père, cette femme qu'il pense être sa mère. Cette mère qui, il en est certain, lui a toujours caché quelque chose. Sa judéité. Il est aujourd'hui professeur de musique, divorcé, il est devenu père aussi. Mais jamais il n'a trouvé la paix, sans cesse anéanti par le tourment de ses origines, par le secret de sa mère : D'où vient-il ? Quel sang coule dans ses veines ? À quel peuple est lié son destin ?
Roman de la quête et de l'errance, du questionnement et du silence, Comme personne est un livre bouleversant sur les traces que laisse le passé, les énigmes qu'il pose, et les chemins tortueux, voire cruels, qu'il fait emprunter.


© Phébus

En librairie le 7 janvier 2010
Traduit de l'anglais (Irlande) par Serge Filippini
336 p., 22 ¤
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# Posté le samedi 26 décembre 2009 12:38

Modifié le samedi 26 décembre 2009 12:59