Le Blog littéraire d'André Bonet, vendredi 30 octobre 2009. Le 25° anniversaire du prix Méditerranée a été célébré de Perpignan à Beyrouth, les 17 et 23 octobre derniers avec une pléiade de témoins, d'ambassadeurs, d'écrivains et de personnalités du monde des arts et de lettres méditerranéennes. Un anniversaire qui a marqué les esprist qui restera dans les annales du prix Méditerranée.
On ne peut parler du Prix Méditerranée sans commencer par évoquer la création du CML. C'est au début des années 80 que cette aventure a commencé avec Fernand Braudel, Jacqueline de Romilly, Hervé Bazin, Emmanuel Roblès, François Nourissier, André Stil, Jean d'Ormesson, Edgar Faure, Maurice Rheims, Henry Bonnier, Yves Berger, Jean-Claude Fasquelle, Eric Roussel, Patrick Poivre d'Arvor, Frédréric Tristan, ou encore André Brincourt et Georges-Emmanuel Clancier, tous membres fondateurs du prix Méditerranée, créé en 1984. Certains ont depuis disparus, d'autres sont toujours là, fidèles à cette Méditerranée qui les a un jour réunis.
Le Prix Méditerranée vient de fêter ses 25 ans. Essentiel dans le paysage littéraire, il a su se diversifier et se décliner pour concerner toutes les langues et tous les publics, jouant ainsi un rôle essentiel de soutien à l'édition locale, à la traduction, une mission de médiation culturelle auprès des lycéens et des primaires parallèlement au prestige international dont il jouit désormais et qui contribue à faire de Perpignan une capitale des lettres, un point de rayonnement de la culture européenne et le lieu de délivrance d'un message de paix et d'espoir dans l'intelligence des hommes.
Depuis sa création, le Prix Méditerranée n'a cessé de récompenser de nouveaux talents mais aussi de grands écrivains du bassin méditerranéen. Cette notoriété du Prix Méditerranée existe grâce à nos partenaires fondateurs : la Ville de Perpignan, le Conseil Général des P.O., la Région Languedoc-Roussillon et la Caisse d'Epargne du Languedoc-Roussillon. Le prix Méditerranée bénéficie aujourd'hui du soutien du Conseil culturel de l'Union pour la Méditerranée présidé par Renaud Muselier.
Vingt-cinq ans ! Déjà. Que le temps passe vite. L'histoire ancienne du prix Méditerranée est d'abord une histoire d'hommes et de femmes, liés par de grandes complicités et tous passionnés par cet unité méditerranéenne, qui pour beaucoup les a vu naître.
Le rôle du prix Méditerranée a été durant tout ce temps de susciter sur le pourtour méditerranéen la plus saine des compétitions, celle de l'intelligence et de l'esprit. Celle qui vise, en l'occurrence, à produire l'excellence de la littérature francophone aussi bien que traduite, ce qui nous a conduit en 1992 a créer le prix Méditerranée Etranger.
Année après année, comme l'a rappelé le Président Renaud Muselier, les choix judicieux du jury tissaient la trame d'un patrimoine littéraire commun, tandis que croissait la réputation de ce Prix jusqu'à en faire la dernière marche de l'ascension vers le prix Nobel de Littérature, comme ce fut le cas pour Orhan Pamuk en 2006.
La création en 2000 du Prix Méditerranée des Spiritualités, fils naturel du Prix Méditerranée, les espoirs ont été porté avec Maurice Halimi, Jean-Jacques Bedu et Michel Bolassel, sous la direction d'André Chouraqui, approfondit et amplifie le message de l'universalité et de la fraternité que le CML entend modestement adresser au monde.
La cérémonie était présidé le 17 octobre dernier par Jean-Christophe Rufin, de l'Académie française, actuel Ambassadeur de France au Sénégal. L'Ambassadeur a rejoint depuis plusieurs années le jury du prix Méditerranée qui avait couronné son premier roman l'Abyssin.
André Bonet, président du CML, entouré de ses vice-présidents Jean-Jacques Bedu et Maurice Halimi, salua la présence du corps diplomatique , représenté également par Son Excellence Boutros Assaker, Ambassadeur du Liban en France et Monsieur Abdel Sattar Issa, Consul Général du Liban à Marseille.
Devant une assistance archi comble à l'hôtel Pams, l'Ambassadeur du Liban salua son compatriote Alexandre Najjar, prix Méditerranée 2009 pour son roman Phénicia. Il exprima sa joie de voir distingué un libanais polyvalent qui oeuvre dans ses écrits pour faire prévaloir les valeurs fondamentales d'humanisme et de justice et de les propager à travers les sphères francophones.
L'Ambassadeur du Liban en France exprima aussi sa satisfaction en constatant que le prix Méditerranée saluait le courage d'un homme, sa constance et sa profonde conviction. Il y a également vu un clin d'½il adressé au Liban tout entier qui souligne, une fois encore, l'attachement de la France amie à la souveraineté, l'indépendance et la pérennité du pays du Cèdre millénaire, ce pays qui, en dépit de ses moyens réduits et les vicissitudes de son destin, restera à jamais un oeil largement ouvert à l'intelligence du monde et à l'Universel.
André Bonet remercia également Son Excellence Ramon Alvarez-Novoa, Consul Général d'Espagne en France, toujours attentif aux travaux du prix Méditerranée, qui exprima son engouement d'avoir célébré son pays à travers le magnifique roman d'Almudena Grandes, Le c½ur glacé, qui est déjà aujourd'hui un best-seller, notamment en Argentine en Italie et au Mexique.
En ouvrant la cérémonie, André Bonet salue l'ensemble des lauréats : Alexandre Najjar, Almudena Grandes, mais aussi Gérard Jacquet, prix Méditerranée Roussillon et Cyril Massarotto, prix Méditerranée des Lycéens. Il remercia aussi les partenaires fondateurs et institutionnels du Prix Méditerranée : la Ville de Perpignan, le Conseil Général des PO, le Conseil Régional et la Caisse d'Epargne du Languedoc-Roussillon. Il adressa enfin un hommage appuyé à Jean-Paul Alduy : " Je voudrais remercier Jean-Paul Alduy, au moment où il quitte ses fonctions de maire, Jean-Paul, qui a toujours manifesté à l'égard du CML et de ses prix une écoute attentive, pour valoriser et soutenir toutes nos actions, dont il a compris dès son élection en 1993 quelles contribuaient au rayonnement de notre Ville.
Mon cher Jean-Paul, je veux te dire aujourd'hui, devant cette assemblée réunie, que tu as rendu à mes yeux, par ton engagement et ton travail, toujours remarquables à nos côtés, le plus bel hommage qu'un fils pouvait rendre à son père, ton père Paul, qui avait initié avec moi, il y a 25 ans, cette belle aventure des prix Méditerranée. Mais aujourd'hui c'est toi aussi , en ta qualité de passeur, et de cette fraternité qui t'anime, qui transmet le relais à notre ami Jean-Marc Pujol, qui connaît depuis toujours le prix Méditerranée et qui partage comme toi le goût de la littérature et de la Méditerranée dont il a connut dans sa vie plusieurs rives. Je sais, mon cher Jean-Paul, que tu porteras toujours un regard attentif sur l'avenir du prix Méditerranée et que tu continueras à partager avec nous l'ensemble des valeurs qui sont les nôtres. "
La cérémonie a pris fin par un hommage à Charles Aznavour présent à la cérémonie : "Un seul mot pour vous cher Charles Aznavour. Un seul mot parce que je n'en trouve pas d'autre, déclara André Bonet. Merci. Merci pour cette fidélité qui traverse les années. Merci pour votre présence aujourd'hui parmi nous, alors que vous êtes si sollicité départ le monde. Merci Charles pour ce nouveau livre que vous nous offrez aujourd'hui, A voix basse. Un récit qui nous bouleverse encore, parce qu'on vous aime Charles. Et vous nous fêtes le plus beau des cadeaux de ce 25° anniversaire du prix Méditerranée par votre présence à nos côtés."
Photo : Après Perpignan, Beyrouth. Le 16e Salon francophone du livre de Beyrouth a battu son plein, en présence d'anciens lauréats du prix Méditerranée : Adonis et Robert Solé. Daniel Rondeau, l'ambassadeur de France à La Valette, a débarqué dans la capitale libanaise en compagnie d'une quinzaine d'écrivains. Joli symbole et sympathique équipée. Notre photo : Alexandre Najjar, prix Méditerranée 2009, Charles Dantzig et Daniell Rondeau aux côtes de Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangère et Européennes.