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Le Blog d'André Bonet

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andre-bonet

Description :

André Bonet a créé cet espace afin de vous faire partager ses coups de coeur littéraires, ses intérêts pour toutes initiatives qui soutiennent le livre et les écrivains sur les deux rives de la Méditerranée.
Le Festival Lire en Méditerranée, créé en présence Son Excellence Abdou Diouf, Secrétaire Général de la Francophonie (lors de son édition fondatrice sur le thème de "Senghor et la Méditerranée") , inaugure la saison littéraire d’automne en Catalogne et clôture la programmation culturelle de Perpignan et des Pyrénées-Orientales.
Le Centre Méditerranéen de Littérature, après plus de vingt ans de présence et d’animation en région, a lancé en 2005 son propre festival destiné à devenir l’un des grands rendez-vous littéraires du Sud de la France.
Le festival Lire en Méditerranée, créé dans l’esprit des prix du même nom, se veut le reflet de la Méditerranée, creuset des civilisations et a pour ambition de construire, au fil des ans, le récit épique des diversités fondatrices de l’identité méditerranéenne.
Jean-Paul Chagnollaud a écrit que la Méditerranée est la matrice de civilisations exceptionnelles, lieu d'émergence des trois grandes religions monothéistes, source d'inspiration de poètes, d'écrivains et de philosophes mais en même temps espace de toutes les barbaries, berceau de tant d'intégrismes et creuset de multiples formes de replis identitaires, la Méditerranée est décidément une région particulière.
Le Festival Lire en Méditerranée se déroule chaque année à l’automne. Il est l’occasion de rencontres littéraires, de débats et de colloques sur les thèmes, les auteurs et les éditeurs de la Méditerranée.
Avec un pays invité tous les ans le festival se déroule dans les lieux les plus prestigieux de Perpignan. Le prix Méditerranée a fêté en 2009 son 25° anniversaire. En 2010, une nouvelle ère commence.

André Bonet

www.prixmediterranee.com

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PRIX MEDITERRANEE ROUSSILLON 2008 : « LUMIERE FAUVE », DE GERARD RAYNAL

Le Blog littéraire d'André BONET, lundi 28 avril 2008. Après Louis Gardel (prix Méditerranée pour La Baie d'Alger) et Sandro Véronesi (prix Méditerranée étranger pour Chaos calme), c'est au tour de l'écrivain Gérard Raynal d'être distingué pour son excellent roman Lumière fauve (TDO Editions, 2008). Amoureux de la lumière et des instants furtifs où les personnages croisés sur la route livrent un peu de leur âme dans une pose, un regard ou un geste, Gérard Raynal offre un roman d'impressions colorées où le Roussillon se raconte dans la diversité et la magie des couleurs.

A.B: Vous voilà récompensé par le prix Méditerranée Roussillon. Quel sentiment cela évoque-t-il en vous ?

G.R : De la fierté d'abord, bien sûr, mais aussi le sentiment que la confiance du jury m'oblige à grandir. Vous savez, voir mon nom apposé à celui de gens prestigieux tels que Jordi Pere Cerda et Renada Laura Portet , deux références littéraires, Claude Delmas romancier de talent, ou Josiane Cabanas très belle plume de notre région, représente, au delà d'une belle récompense, la nécessité de devenir meilleur. J'ai également ressenti qu'autour de mon nom s'était organisée une dynamique, et ça, c'est un grand bonheur. Mais cette dynamique ne restera pas, je l'espère, un épiphénomène, elle doit marquer un tournant dans la vie littéraire locale. Le CML a prouvé en me désignant, qu'un prix pouvait se gagner grâce à un texte, grâce à un travail.

A.B: L'écriture, pourquoi ?

G.R : L'écriture fait partie de ma vie depuis toujours. Nul en maths, je n'avais que les rédactions pour bénéficier du regard complaisant de ma maîtresse d'école, madame Planas. J'ai dû me surpasser pour qu'elle lise mes textes devant tous mes camarades. Cela m'a appris que l'écriture pouvait parfois changer les choses. Par la suite, emmêlé dans des problèmes financiers inextricables dus à la crise viticole, et acculé à des extrémités irréparrables, j'avais fait le rêve que l'écriture changerait ma vie. Et sans doute la sauverait. Ce rêve est devenu réalité, grâce à la rencontre avec TDO, une petite maison d'édition qui m'a permis de sortir de l'anonymat. Mais je ne suis jamais satisfait de rien, et surtout pas de mon écriture, alors je travaille dur, j'essaie de progresser. Cependant rien n'est facile, et le temps me manque de plus en plus.


A.B: Lumière fauve est un roman particulier, où vous hissez la lumière au rang d'héroïne principale. Etrange procédé.

G.R : Ce roman, est avant tout un hommage à ce pays Catalan que j'adore, à Collioure, mon petit paradis, et à la lumière, un des atouts de notre région. Mais j'ai voulu également mettre en scène l'arrivée des peintres et parler de leur rapport avec les populations de pêcheurs et de paysans de 1905. Cette époque clef pour nous, où la crise viticole faisait rage (on se souvient que deux ans après, les événements de 1907 ont terriblement secoué la région), mais où, dans une certaine insouciance, un énorme mouvement artistique était en train de prendre corps, j'ai voulu m'en imprégner, et la relater. Deux mondes cohabitaient, sans vraiment se mélanger, mais sans hostilité. Henri Matisse, d'abord ignoré, a réussi à s'imposer comme la figure marquante du petit Port Catalan. Une belle histoire !


A.B: Je suppose que ce fut très facile de trouver des documents pour mettre en place cette reconstitution, elle a souvent été visitée.

GR : Détrompez-vous, je me suis heurté à de nombreuses difficultés. D'abord, pour cette période, l'Indépendant, le quotidien local, n'est disponible nulle part, ni à la médiathèque, ni aux archives, ni au journal lui-même. Ensuite, les historiens qui ont traité de cette époque, ont tendance à se contredire. J'ai donc dû faire de nombreux recoupements, pour m'approcher de la vérité. Qui plus est, les descendants des habitants de l'époque, du moins ceux qui ont accepté de me recevoir, sont trop éloignés pour livrer des informations certaines. J'ai relevé souventes fois, des oppositions et des contradictions dans les témoignages. J'ai donc été obligé d'allonger de plusieurs mois la période habituellement dévolue à l'aspect documentaire, pour pouvoir être sûr de moi. Mais ce voyage en 1905 m'a donné beaucoup de joie.


A.B: Lumière Fauve est votre 6e ouvrage. Parlez nous des autres.

G.R : J'ai commencé par écrire « L'Expiation de Jean », une chronique familiale, un peu autobiographique qui a connu un honorable succès. Ont suivi « Très-Haute-Tension », un recueil de nouvelles, et « Lettre de
Guillaume à sa cousine Hortense », un roman historique sur la guerre de 1870, qui lui est resté très confidentiel. Ces 3 ouvrages ont été autoédités. En fait, des débuts timides et laborieux. Je savais à ce
point de ma toute jeune expérience, qu'il fallait passer la vitesse supérieure, ou bien se contenter du seul plaisir de l'écriture. Mais je me trouvais dans un moment de mon existense où la nécessité de prendre
un nouveau départ s'imposait. L'écriture ne m'avait pas encore sorti des mauvais pas dans lesquels je m'enfonçais. Il fallait donc faire quelque chose pour sortir de l'impasse.

A.B: D'où votre rencontre avec TDO, ce jeune éditeur.

G.R : Lui aussi, avait besoin d'une dose de Kérosène dans son moteur. Notre rencontre à la librairie du Lycée à Perpignan, où j'animais des ateliers d'écriture, est un véritable miracle. J'étais en pause avec mes élèves, quand Benjamin Jugieau est entré pour livrer ses dernières sorties. Je le connaissais de vue, mais jamais l'idée de lui envoyer un manuscrit ne m'était venue. Pourtant, là, peut-être par défi, je lui ai proposé de jeter un oeil sur « Les Bûchers du Paradis », un roman auquel j'avais consacré de très longues années de recherches. Il a été emballé. Et voilà ! 4 romans ont été édités par TDO, et les ventes se sont envolées. Tous mes livres ont été réédités au moins une fois (Les Bûchers du Paradis en sont à leur 4e réédition). Un grand coup de chance donc, que cette rencontre. D'autant que TDO est maintenant mon employeur à temps complet. Je puis le dire désormais, l'écriture m'a sauvé la vie... J'ai tourné une page, et suis actuellement dévoué à 100% à la cause littéraire. Ma situation est sans doute enviable, car en plus de recevoir un salaire, je n'ai pas besoin de courir pour trouver un éditeur. Et ça, ça repose l'esprit.

A.B: Ce Prix Méditerranée, il change quoi pour vous ?

G.R: Tout ! Il me rend visible médiatiquement, il attache à mon nom celui du CML, une institution hororable et réputée nationalement, il me permet également de rejoindre le jury du prix, ce que je ferai avec beaucoup de plaisir. Je serai un juré assidu. Mais ne comptez pas sur moi pour créer des polémiques, pour pousser des coups de gueule dévastateurs, ou pour tenter d'imposer contre vents et marées, tel ou tel ouvrage. Je serai aux côtés des écrivains, des sans grade, des obscurs. Je voudrais ajouter que ce prix me permet d'exister aux yeux d'élus, pour lesquels je n'étais qu'un passager du bateau écriture. Plus encore, je me suis aperçu qu'autour de ma nomination s'est créé un mouvement de rupture, elle a ouvert, je crois, une porte aux auteurs éloignés des cercles littéraires et des cénacles intellectuels.

A.B: A ce sujet, vous semblez être plus près des auteurs inconnus que des auteurs consacrés.

G.R: Je n'ai rien contre les gens qui font parti des cercles, mais il fallait ouvrir une brèche, et je l'ai fait. Dorénavant, il faudra sans doute compter sur des auteurs discrets, sur des auteurs dont les médias
ne parlent pas beaucoup. En me désignant, le jury du Prix Méditerranée Roussillon leur a fait un signe. A eux maintenant de travailler. Ils savent que tout est possible. Toutefois, rencontrer des grands de l'écriture ne me désole pas, au contraire. Par exemple, les instants passés aux côtés d'Alexandre Jardin, le week-end de la Sant Jordi, m'ont donné beaucoup de plaisir. Par ailleurs, je voudrais profiter de cette fenêtre pour remercier le le jury du prix Méditerranée Roussillon qui ont osé me faire confiance. Mais je n'oublie pas non plus le Conseil Général et Christian Bourquin, qui a eu à l'égard de mon livre des mots très amicaux. Maurice Halimi, adjoint à la culture de la Ville de Perpignan, a quant à lui tellement bien parlé de Lumière Fauve, que j'en suis encore tout ému. Je l'en remercie. Je ne croyais pas pouvoir prétendre à un tel honneur. L'écriture m'a sauvé la vie...

A.B: Et maintenant ?

G.R : Et maintenant, je vais essayer de rester perché sur le petit escabeau que l'on m'a tendu. Profiter de ce prix pour faire mieux connaître, TDO Editions et ses auteurs, bien sûr, et surtout relativiser. Car si cette récompense est convoitée et attendue par beaucoup, elle n'est qu'un coup de pouce. Un coup de pouce efficace certes ! Alors, je vais travailler et travailler encore, pour me montrer digne de ceux qui m'ont élu. Le Prix Méditerranée Roussillon mérite qu'on se batte pour lui. Mon but : en faire un tremplin pour les auteurs
méritants, même les sans grade. Même les sinistres inconnus. Et puis, il y aura bientôt un autre roman... Mais chut... Pour l'heure, je me documente, et je déguste le bonheur de cette belle victoire.

Lumière fauve, prix Méditerranée Roussillon 2008, de Gérard Raynal, 222 p, TDO Editions, 18 ¤
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#Posté le lundi 28 avril 2008 10:54

Modifié le lundi 28 avril 2008 12:06

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