SALON INTERNATIONAL DU LIVRE FRANCOPHONE DE BEYROUTH : BERNARD KOUCHNER, COMMUNIQUANT DE L'ESPERANCE

SALON INTERNATIONAL DU LIVRE FRANCOPHONE DE BEYROUTH  : BERNARD KOUCHNER, COMMUNIQUANT DE L'ESPERANCE
Le Blog d'André Bonet, jeudi 29 octobre 2009. Créé en 1992, à l'initiative de l'Ambassade de France au Liban et en partenariat étroit avec le syndicat libanais des importateurs de livres, le Salon International du Livre francophone de Beyrouth est devenu un rendez-vous majeur de la vie culturelle libanaise. Avec plus de 80 000 visiteurs, il est devenu le 3ème salon francophone au monde, après ceux de Paris et de Montréal. La nomination par l'Unesco de Beyrouth, « Capitale mondiale du livre », d'avril 2009 en avril 2010, donne à l'édition 2009 une résonance particulière.

La région Ile-de-France, invitée d'honneur, propose sur un espace dédié les productions éditoriales franciliennes dans les domaines de la jeunesse, de la littérature et des sciences humaines et sociales.
De nombreux prix littéraires ont été décernés dont « Le prix des cinq continents » de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) et le prix Phénix de littérature (récompensant un œuvre littéraire écrite en français par un Libanais). L'écrivain libanais Alexandre Najjar a été célébré pour son livre "Phénicia" qui a reçut le prix Méditerranée 2009.
Ce Salon du livre francophone accueille près d'une centaine d'écrivains auxquels se joignent les trente auteurs et intellectuels ayant participé à l'opération « Ulysse 2009 », voyage en Méditerranée, initié par l'ambassadeur de France à Malte, Daniel Rondeau, pour célébrer les idées, les identités et les figures communes du monde méditerranéen dont Beyrouth constituait la dernière étape.
Le ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner s'est rendu au Liban le 23 octobre pour témoigner au président de la République, Michel Sleimane et au Premier ministre désigné, Saad Hariri, et à travers eux, à tous les Libanais, le soutien de la France aux efforts en cours pour former un nouveau gouvernement
libanais. Ces entretiens ont permis également au ministre de réaffirmer l'attachement de la France à l'esprit de dialogue qui doit continuer de prévaloir au Liban et son engagement constant en faveur de l'unité, l'indépendance, la souveraineté, l'intégrité territoriale et la stabilité du Liban.
Lors de sa visite, le ministre a eu également une série d'entretiens avec les représentants des institutions libanaises, le président de la Chambre Nabih Berri, le Premier ministre en exercice Fouad Siniora, le ministre des Affaires Etrangères, Fawzi Salloukh et avec des représentants des partis politiques libanais.
Ce déplacement, le 23 octobre, coïncidait avec le Salon du livre francophone de Beyrouth, pour témoigner des liens culturels qui unissent le Liban et la France. Dans ce cadre, le ministre a participé à une table ronde organisée par l'ambassadeur de France à Malte, Daniel Rondeau, avec les écrivains français et arabes de langue française, qui participent à la manifestation littéraire itinérante « Ulysse 2009 » lancée le 7 octobre dernier.
Après une journée de marathon diplomatique, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a quitté le Liban sur une note d'optimisme, malgré le message d'inquiétude que le Quai d'Orsay a tenu à faire passer aux dirigeants libanais.
« Quand? je n'en sais rien. Mais c'est une certitude : le Liban aura bientôt un gouvernement » a déclaré vendredi soir le ministre français des Affaires étrangères, dès son arrivée au Salon du livre francophone de Beyrouth. Un optimisme, partagé par le public et les écrivains présents, à en croire les applaudissements que cette annonce a déclenché dans le public.
Avant de quitter Beyrouth, Bernard Kouchner a rendu hommage au nouveau Premier ministre du Liban : « J'ai trouvé M. Saad Hariri à la dimension de ce qu'était son père, un homme d'état » a-t-il déclaré . En ami infaillible du Liban et de tous les libanais, Bernard Kouchner s'est montré rassurant : « Je ne suis pas inquiet pour le court- et le moyen-terme » conclut-il.
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# Posted on Thursday, 29 October 2009 at 5:59 PM

Edited on Thursday, 29 October 2009 at 6:14 PM

ULYSSE 2009 : LE MESSAGE DE PAIX DE JEAN-MARIE GUSTAVE LE CLEZIO, PRIX NOBEL DE LITTERATURE

ULYSSE 2009 :  LE MESSAGE DE PAIX DE JEAN-MARIE GUSTAVE LE CLEZIO, PRIX NOBEL DE LITTERATURE
Le Blog littéraire d'André Bonet, mardi 27 octobre 2009. Le romancier français Jean-Marie Gustave Le Clézio entrevoit pour la région du Moyen-Orient un avenir de paix, affirmant au cours d'un entretien accordé à l'AFP que les Palestiniens finiront par avoir un Etat à eux. Après Limassol, le périple "Ulysse 2009" a gagné Beyrouth, sa dernière étape. Retour sur une traversée exceptionnelle en Méditerranée .

"Dans quelques mois, quelques années, les Palestiniens auront un Etat qui sera leur Etat", a affirmé le prix Nobel de Littérature 2008 lors d'une étape à Limassol (Chypre) du périple culturel "Ulysse 2009", organisé par la France entre les deux rives du bassin méditerranéen.
"Les choses se calmeront, les choses se rééquilibreront. Et une fois ce foyer infectieux corrigé, la paix aura le dessus", espère-t-il.
L'écrivain est certain que "ce que l'humanité cherche avant tout, c'est la paix, ce n'est pas la guerre. La paix vient de la guerre".
Le Clézio, qui a toujours considéré que les vrais héros de l'Histoire sont ceux qui la subissent, place ses espoirs dans "les gens du commun, les gens qui mènent leur vie chaque jour, ce sont ces gens-là qui font la vie politique", citant à ce sujet l'exemple du conflit israélo-palestinien.
Justifiant sa foi en l'avenir, il dit "dans l'instant, on a l'impression que cela n'est pas pris en considération, mais justement, l'exemple du conflit israélo-palestinien, c'est qu'à force de dire que nous existons, les Palestiniens existent maintenant", car "considérer l'autre comme un ennemi, c'est reconnaître son existence en tant qu'ennemi".
Ce conflit a inspiré à l'écrivain un de ses romans "Etoile errante" (1992), dont la trame s'inscrit sur le fond de la guerre de 1948 à la proclamation de l'Etat d'Israël.
Ce livre met en scène l'errance de deux fillettes, une juive fuyant les nazis et une palestinienne réfugiée dans son pays. Il l'a voulu comme "un message de paix" contredisant les théories avancées par certains qui affirmaient que "les Palestiniens n'existaient pas" et "qu'ils n'avaient qu'à rentrer en Irak d'où ils étaient venus".

Promouvoir "la liberté et la paix" dans le bassin méditerranéen

Surnommé "écrivain nomade", Le Clézio symbolise le message du voyage "Ulysse 2009" qui vise à promouvoir "la liberté et la paix" dans le bassin méditerranéen.
Car s'il est connu comme écrivain français, il est surtout célébré comme écrivain aux cultures et aux appartenances multiples. Il parie aussi sur la jeunesse: "les nouvelles générations vont inventer les moyens (pour réaliser la paix), il faut être optimiste".
Après Limassol, le périple "Ulysse 2009" a gagné Beyrouth, sa dernière étape.
"Au Liban, il y a plusieurs cultures qui sont côte à côte mais qui ne communiquent pas. Et quand on ne communique pas, c'est qu'on se repousse", estime le Prix Nobel.
"Mais les générations futures vont se rencontrer vraiment, il y aura des mariages, des rencontres, des mélanges, on va prendre ce qui est bien chez les autres, c'est impossible que ça ne se fasse pas", espère-t-il.
Le Prix Nobel évoqua également la question de la francophonie : « Il y a de l'ambiguïté dans la question de la francophonie », a relevé l'écrivain français natif de l'île Maurice et élevé dans la double culture française et anglaise.
« Une ambiguïté que j'ai ressentie lorsque je me suis posé la question de la langue d'écriture, à mes débuts. J'ai ainsi écrit un polar en anglais, à 20 ans, que j'ai tenté de faire éditer sans succès. Soit mon intrigue policière ne fonctionnait pas, soit mon anglais n'était pas très bon. Je me suis alors tourné vers le français, comme vers une sorte d'empyrée, un monde qui n'était pas la réalité, peuplé d'astres qui étaient les grands éléments de la littérature française, les Rabelais, Voltaire, Rousseau, Victor Hugo, Baudelaire... Le bonheur d'écrire en français que je pouvais ressentir était alors assez proche de ce que pouvait ressentir un auteur africain, maghrébin, vietnamien ou d'Amérique centrale s'ils s'adressaient à la langue française. C'était le bonheur de partager un trésor, celui de la littérature française. Je crois que, là, cessait l'ambiguïté qui est celle d'assimiler la langue française à un déguisement du colonialisme. »
Pour le Prix Nobel, « les écrivains de la francophonie disent, aujourd'hui, des choses nouvelles et fortes et inventent, pour le dire, une nouvelle langue qui se joint à ce trésor commun ».
Lorqu'il reçut le prix Renaudot en 1963 pour son premier roman Le procès verbal, J.-M.G. Le Clezio était un peu indifférent car, dit-il, « connu déjà des éditeurs pour le manuscrit (traduit d'office en plusieurs langues, dont le japonais) et retenu par le prix Formentor, la consécration permettait surtout des moyens de vie différente, plus aisée... ».
«C'est ainsi que j'ai pu m'acheter une voiture », confesse en toute simplicité l'auteur de Terra Amata et Onitsha. Je n'ai pas toujours eu que des hauts, car c'est difficile de vivre de sa plume...J'ai dû parfois faire plusieurs jobs, dont celui de guide touristique et je me suis expatrié aux États-Unis parce qu'on m'offrait du travail. J'ai enseigné la littérature et l'histoire de la peinture. Oui, je peins aussi...Qu'on ait comparé mon premier livre à L'étranger de Camus ? Cela est très flatteur pour moi, car c'est le meilleur livre de Camus. Et puis, ce point commun me faisait sentir brusquement très méditerranéen. Je comprenais mieux Camus dans son ambiguïté dans la guerre d'Algérie... »
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# Posted on Tuesday, 27 October 2009 at 3:28 AM

Edited on Thursday, 29 October 2009 at 2:04 AM

BEYROUTH "CAPITALE MONDIALE DU LIVRE 2009" : UNE CELEBRATION DU LIVRE DANS UN PAYS A LA PAIX FRAGILE EN PRESENCE DE JEAN-MARIE GUSTAVE LE CLEZIO PRIX NOBEL DE LITTERATURE

BEYROUTH "CAPITALE MONDIALE DU LIVRE 2009" : UNE CELEBRATION DU LIVRE DANS UN PAYS A LA PAIX FRAGILE EN PRESENCE DE JEAN-MARIE GUSTAVE LE CLEZIO PRIX NOBEL DE LITTERATURE
Le Blog littéraire d'André Bonet, mardi 27 octobre 2009. Le 16e Salon francophone du livre de Beyrouth bat son plein. Daniel Rondeau, l'ambassadeur de France à La Valette, a débarqué dans la capitale libanaise en compagnie d'une quinzaine d'écrivains. Joli symbole et sympathique équipée. Parmi eux : Jean-Marie Le Clézio, prix Nobel de Littérature et Alexandre Najjar, prix Méditerranée 2009, en présence d'anciens lauréats du prix Méditerranée : Adonis et Robert Solé

Beyrouth. - Avec Françoise Payot (L'Express) - "Nous sommes partis de La Valette, Malte, et sommes arrivés a Beyrouth, Liban." Un chouïa emphatique, Daniel Rondeau, en ce mercredi 21 octobre, est ravi de son "bon" coup. Voila quinze jours que l'écrivain, éditeur, ex-chroniqueur littéraire à L'Express et ambassadeur de France à La Valette fait naviguer sur La Meuse, fier navire de la Marine nationale francaise, une pléiade d'auteurs francophones. Cette "tentative littéraire et diplomatique", baptisée Ulysse 2009, est une belle revanche pour l'auteur de Chronique d'un Liban rebelle, longtemps interdit au pays du Cèdre.
Le soir de l'ouverture du Salon, le 22 octobre dernier, à 20 heures, sur le port de Beyrouth, dûment gardé par nombre de militaires en armes, les officiels se présentent pour saluer Daniel Rondeau et sa "bande" d'écrivains. Le ministre de la Culture, le nouvel ambassadeur de France à Beyrouth sont là, au pied de l'imposant navire. Les marins pomponnés aussi. Au garde à vous ou presque pour les présentations devant les caméras, JMG Le Clézio, Nedim Gürsel, Alexandre Najjar, Vénus Khoury-Ghata, Salah Stetié - les trois Libanais emblématiques - Robert Solé, Antoine Assaf, les frères Poivre d'Arvor, Olivier Frebourg, Charles Dantzig, ... Certains ont accompli le "périple" entier, en passant par Tunis, Tripoli et Chypre, et ont été élevés derechef au grade de quartier maitre d'honneur de la Marine nationale. D'autres, comme Le Clézio, ont embarqué à Chypre.
"Le prix Nobel de littérature 2008 ne s'est pas fait prier, explique son hôte, Daniel Rondeau, il a tout de suite accepté l'invitation, sans exigence particulière." Le grand blond en convient, il trouve l'initiative formidable. "Quelle meilleure utilisation pour un bateau de la Marine nationale?", et puis il adore la mer et a assisté avec émotion, à Chypre, au beau concert donné conjointement par des musiciens israéliens et palestiniens. Quelques rapides discours au pied du bateau pour se féliciter de cet Ulysse 2009, hymne à la Méditerranée, à la littérature et à Beyrouth, nommée capitale mondiale du livre 2009, puis tout ce beau monde est convié sur le pont par le commandant, le capitaine de frégate Bertrand Hudault. Au pied de la passerelle, en guise de cadeau de la part d'Alexandre Najjar et de sa fondation Cedrona, quelques dizaines de livres pour alimenter la bibliothèque de bord.
La poète et romancière Vénus Khoury-Ghata, descendue difficilement de la passerelle une heure plus tôt, n'entend pas remonter sur La Meuse - talons hauts s'abstenir. Quant à nous, malgre nos talons plats, nous "acceptons" de participer à un petit dîner restreint avec JMG Le Clezio et sa femme dans un délicieux restaurant italien. Il y a pire. Fidèle a lui-même, Le Clézio préfère écouter que parler. Il ira pourtant de quelques anecdotes - comme sa lointaine soutenance de thèse au département espagnol de l'université de Perpignan devant un Jacques Soustelle assoupi. Entre les Etats-Unis et la France – de Paris à Nice -ou encore l'Asie-il se rend bientôt et longuement en Corée du Sud - l'auteur de Ritournelle de la faim est plus universel que jamais. A Beyrouth, il veut voir la mer, prendre un café devant la Méditerranée de sa jeunesse.
Lors de l'inauguration, , il assista, comme tous nos marins d'un soir, à l'inauguration du 16ème Salon francophone du livre de Beyrouth, le 3ème salon francophone du monde qui a recu l'année dernière quelque 80 000 visiteurs. Une célébration du livre dans un pays à la paix fragile. Encore un beau symbole aux yeux de Daniel Rondeau qui conclut une interview a une chaîne de TV libanaise par ces mots: "Vous Libanais qui avez traversé tant d'épreuves, essayez de vous rassembler pour gagner la bataille de la paix."


Photo : André Bonet, Jean-Marie Le Clézio, Salim Bachi et Jémia Le Clézio, présents au 16° Salon francophone du Libre de Beyrouth
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# Posted on Tuesday, 27 October 2009 at 3:03 AM

Edited on Tuesday, 27 October 2009 at 5:14 AM

JEAN-CHRISTOPHE RUFIN, AMBASSADEUR DE FRANCE AU SENEGAL, PRESIDENT DE LA CEREMONIE DU 25° ANNIVERSAIRE DU PRIX MEDITERRANNEE

JEAN-CHRISTOPHE RUFIN, AMBASSADEUR DE FRANCE AU SENEGAL, PRESIDENT DE LA CEREMONIE DU 25° ANNIVERSAIRE DU PRIX MEDITERRANNEE
Le Blog littéraire d'André Bonet, mercredi 14 octobre 2009. Médecin, romancier, globe-trotter, Jean-Christophe Rufin sera reçu sous la coupole le jeudi 12 novembre prochain par Monsieur Yves Pouliquen, au fauteuil d'Henri Troyat. Il obtient le prix Méditerrannée en 1997 pour son premier roman l'Abyssin. En juin 2006, il quitte la présidence d'ACF pour se consacrer davantage à l'écriture mais en août 2007, soutenu par Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et fondateur de MSF, il est nommé Ambassadeur à Dakar (Sénégal). Toujours médecin humanitaire actif, il reste président d'honneur d'ACF, continue son engagement et laisse, mots après mots, essais après romans, une empreinte littéraire intéressante. Il présidera aux côtés de Boutros Assaker, Ambassadeur du Liban en France la remise du prix Méditerranée 2009, samedi 17 octobre à 16h à l'hôtel Pams, avec la présence exceptionnelle de Charles Aznavour.

Jean-Christophe Rufin voit le jour le 28 juin 1952 au pied de la cathédrale de Bourges. Abandonné par son père, ses grands-parents se chargent de son éducation. Docteur en médecine, diplômé de l'Institut d'études politiques, il possède une connaissance de l'intérieur de l'humanitaire : président d'Action Contre la Faim, ancien administrateur de la Croix Rouge Française et ancien vice-président de Médecins Sans Frontières, son discours sur ce secteur économique est assez critique.
Il perpétue en quelque sorte un héritage familial. Son grand-père, médecin également, avait soigné les combattants de la Première Guerre mondiale, puis il avait été déporté à Buchenwald pour avoir caché des résistants en 1940 dans sa maison de Bourges. Rufin fils connaît bien l'Éthiopie depuis le début des années soixante-dix, date de sa première incursion, où il pénètre incognitus le pays avec les forces rebelles érythréennes au sein des bataillons humanitaires. Son positionnement un rien dandy ne cherche pas à masquer son amour des êtres, ni un profond respect de l'état des choses.
Il a passé plus de vingt ans de sa vie pour les ONG au Nicaragua, en Afghanistan, aux Philippines, au Rwanda et dans les Balkans. Cette expérience du terrain l'a conduit à examiner le rôle des ONG dans les situations de conflit, notamment dans l'essai Le Piège humanitaire (1986), et dans son troisième roman, Les Causes perdues (1999).
À partir de 1993, il se lance dans la politique en entrant au cabinet Léotard, alors ministre de la Défense, comme conseiller spécialisé dans la réflexion stratégique sur les relations nord-sud. Directeur de recherches à l'Institut des relations internationales et stratégiques, il conduit la mission humanitaire française en Bosnie.
En 1995, il finit par quitter le ministère de la Défense et devient attaché culturel au Brésil. Il engrange des histoires qu'il romancera dans quelques livres, Rouge Brésil et La Salamandre.
En septembre 2005, il est nommé membre du conseil d'administration du CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel). Peu après sa création très décriée en juillet 2004, le Conseil d'Analyse de la Société - dont Rufin était membre - avait connu des avatars : les députés avaient supprimé à l'unanimité ses crédits. Fin septembre 2005, son premier rapport se prononçait contre "la discrimination positive" stricto sensu et appelait notamment à "généraliser" les expériences menées par les grandes écoles pour encourager les meilleurs élèves de ZEP à entrer en classes préparatoires. Dans de telles conditions, Jean-Christophe Rufin démissionne en novembre 2005.


Bibliographie
• Le Piège. Éd. J.C. Lattès, 1986.
• L'Aventure humanitaire. Éd. Gallimard, 1994.
• La Dictature libérale. Éd. J.C. Lattès, 1994.
• L'Abyssin. Éd. originale Gallimard, 1997/ Gallimard Folio,1999. (prix Méditerranée)
• Sauver Hispahan. Éd. originale Gallimard, 1998/ Gallimard Folio,2000.
• Les Causes perdues. Éd. originale Gallimard, 1999/ Gallimard Folio,2001. (prix Interallié 1999)
• L'Empire et les nouveaux barbares. Éd. J.C. Lattès, 2001.
• Rouge Brésil. Éd. originale Gallimard, 2001 (prix Goncourt 2001).
• La Lutte des seigneurs. Éd. J.C. Lattès, 2003.
• Globalia. Éd. Gallimard, 2004.
• Géopolitique de la faim: Faim et responsabilité. Éd. P.U.F., 2004.
• La Salamandre. Éd. Gallimard, 2005.
• Le Parfum d'Adam. Éd. Flammarion, 2007.
• Un léopard sur le garrot : Chroniques d'un médecin nomade. Éd. Gallimard, 2008.
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# Posted on Wednesday, 14 October 2009 at 3:03 PM

CHARLES AZNAVOUR INVITE D'HONNEUR A PERPIGNAN DU FESTIVAL LIRE EN MEDITERRANEE

CHARLES AZNAVOUR INVITE D'HONNEUR A PERPIGNAN DU FESTIVAL LIRE EN MEDITERRANEE
Le Blog littéraire d'André Bonet, lundi 12 octobre 2009. Né en France de parents arméniens, Charles Aznavour a bâti une carrière artistique de renommée internationale ; il est aujourd'hui le chanteur français le plus connu dans le monde. Les Américains l'ont même élu « plus grand artiste du XXe siècle ». Sortie le 30 novembre 2009 d'un nouvel album, «Charles Aznavour & the Clayton Hamilton Jazz Orchestra» chez Capitol Jazz. Mais l'actualité immédiate de Charles Aznavour est la sortie de son nouveau livre «A voix basse» (Ed. Don Quichotte) qu'il présente en avant-première nationale à Perpignan, samedi 17 octobre à 16h (Hôtel Pams).


On se souvient que le chanteur français d'origine arménienne Charles Aznavour, fidèle à Perpignan à travers le CML qu'il affectionne, avait accepté, en février dernier, de devenir ambassadeur d'Arménie en Suisse. Le CML lui rendra un bel hommage samedi 17 octobre à Perpignan, avec la présence exceptionelle de Nana Mouskouri et de Gérard Davoust, Président des Editions Raoul Breton.
Au moment de sa nomination, il déclara : "C'est un grand honneur que l'Arménie m'a proposé d'être son ambassadeur (...) en Suisse. D'abord, j'avais des doutes (...), ensuite j'ai pensé que ce qui est important pour l'Arménie doit être important pour nous tous. Et j'ai accepté la proposition avec plaisir et joie", a-t-il ajouté.
Agé de 85 ans, le chanteur a entretenu toute sa vie des liens étroits avec la terre de ses ancêtres.
Né à Paris de parents arméniens, il avait fondé en 1988 le comité "Aznavour pour l'Arménie" pour collecter des fonds après le tremblement de terre qui avait dévasté le nord du pays et coûté la vie à environ 25.000 personnes.
Aznavourian, de son vrai nom, s'était rendu sur place et avait écrit le texte de la chanson humanitaire "Pour toi Arménie". Elle a été enregistrée début 1989 avec 90 artistes et s'est vendue à plus d'un million d'exemplaires.
Pour ses 80 ans, Aznavour avait été nommé en 2004 "héros national" de l'Arménie par le président de l'époque, Robert Kotcharian. En 2001, une place d'Erevan avait été baptisée à son nom, avec une statue à son effigie.
En décembre 2008, le chef de l'Etat arménien, Serge Sarkissian, lui a conféré la citoyenneté arménienne.

L'ami de Perpignan

Charles Aznavour sera donc une nouvelle fois l'invité du CML samedi, à l'occasion de la présentation de son nouveau livre « A voix basse» (Ed. Don Quichotte).
Après une autobiographie, « Le temps des avants» et un album de photos souvenirs, l'auteur-compositeur-interprète, a publié l'an passé un recueil de nouvelles «Mon père, ce géant
» (Flammarion). « On ne devient pas écrivain du jour au lendemain », laissait entendre modestement Charles Aznavour à propos de cette première oeuvre de fiction. Considéré comme l'un des monstres sacrés de la chanson, Charles Aznavour est indéniablement l'un des auteur-compositeur-interprète français les plus connus dans le monde. Il a joué dans plus de soixante films et chanté dans cinq langues. On lui octroie la qualité de rendre l'amour malheureux sympathique à la gent féminine. Une façon de sublimer les amours insatisfaits. Cocteau s'est demandé, "Comment s'y prend-il, cet Aznavour, pour rendre l'amour malheureux sympathique aux hommes? Avant lui, le désespoir était impopulaire. Après lui, il ne l'est plus... "

Un bourreau de travail

Issu d'une famille d'artistes, Charles Aznavour est né à Paris en 1924. Il débuta très tôt sa carrière de chanteur et de comédien dès l'âge de neuf ans. Il fut remarqué par l'éminente Edith Piaf en 1946. Pierre Roche et Aznavour formèrent un duo qui accompagna Edith Piaf dans une tournée en France et aux Etats-Unis. Charles Aznavour fit de plus en plus fuser les critiques, on lui reprocha ses gestes indécis, sa voix inexperte... des critiques auxquelles il répond par un "Rien ne peut vaincre 17 heures de travail par jour !"
Son mythique "Je m'voyais déjà" du concert du 12 décembre 1960 dans la salle de l'Alhambra marqua son premier grand succès. Sur le moment, son succès était pourtant auguré sous des auspices non favorables. Le premier salut se solda d'un silence glacial. Aznavour était alors prêt à quitter le métier. Décidant de revenir saluer le public une dernière fois, il croula sous un tonnerre d'applaudissements... Son dur labeur et sa volonté farouche ont porté leurs fruits. Ses 60 ans de carrière en font l'un des plus grands mythes de la chanson française.
Dans «Mon père, ce géant», Charles Aznavour aborde des thèmes « très près de l'humanitaire, très près de l'humain ». Le chanteur est conscient d'être « un homme d'hier, sans être du passé. Il y a des principes auxquels je tiens », dit-il. Ces histoires ont lieu au Québec, à Paris et en province.

A voix basse

A l'aube de ses 85 ans, l'autoportrait intimiste de Charles Aznavour, l'un des derniers monstres sacrés de la chanson.
De sa plume incisive, Charles Aznavour se dévoile au lecteur, évoque le passé, le présent et l'avenir, et porte sur notre époque un regard vif et engagé. À voix basse se présente comme une galerie de tableaux dans lesquels l'immense artiste que l'on connaît peint avec délices les thèmes qui lui sont chers et dévoile les subtiles facettes de sa personnalité. Il y a l'artiste auteur compositeur, qui témoigne de son parcours et de ses galères sans jamais bouder son intérêt et sa tendresse pour la jeune génération musicale. Il y a l'auteur, qui raconte avec verve son amour des mots et son plaisir d'écrire. Il y a aussi l'homme, qui s'exprime avec une sincérité émouvante sur son enfance, si heureuse, ses bonheurs, ses regrets, et les sourdes inquiétudes nées en lui au soir de l'existence. Il y a l'Arménien de coeur, dont la voix s'élève, dans de beaux textes emplis de douleur, pour la reconnaissance du génocide arménien. Il y a le citoyen, qui accepte de se livrer sur le monde qui l'entoure, et s'interroge, sans fausse pudeur et toujours avec humour, sur les maux de notre société. Il y a enfin le parolier, qui s'invite dans l'ouvrage à travers les maximes savoureuses dont il émaille la plupart des textes.
Tour à tour, ces personnages viennent chuchoter à notre oreille sur le ton de la confidence et dessinent du grand Charles un autoportrait magnifique.

Le programme autour du 25° anniversaire du prix Méditerranée :

16h00 Dédicace exceptionnelle de Charles Aznavour. Perpignan, hôtel Pams

17h00 Cérémonie du 25° anniversaire du prix Méditerranée présidée par Son Excellece Boutros Assaker, Ambassadeur du Liban en France et Jean-Chrsitophe Rufin, Ambassadeur de France au Sénégal, avec la présence excpetionnelle de Charles Aznavour.

18h30 Reprise des dédicaces à l'issue de la cérémonie avec l'ensemble des écrivains présents : Charles Aznavour, Jean-Christophe Rufin, Dominique Fernandez, Alexandre Najjar, Almudena Grandes, Gérard Jacquet, Cyril Massarotto, Jean-Paul, Mari, Jean-Jacques Bedu, Yves Gazzo,

Renseignements : CML : 04 68 51 10 10


A voix basse, de Charles Aznavour, Don Quichotte Editions, 221 p. 16,14 €
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# Posted on Monday, 12 October 2009 at 4:26 PM

Edited on Monday, 12 October 2009 at 5:58 PM