Mes 20 Coups de coeur de l'années 2007

Mes 20 Coups de coeur de l'années 2007
Romans/Fiction


Le blog d'André Bonet, lundi 10 décembre 2007.- Prix Médicis étranger 2007, "Les Disparus" (Flammarion) raconte l'enquête de l'auteur, 47 ans, sur les circonstances de la disparition de son grand-oncle Shmiel, de sa femme et de leurs quatre filles, tués en 1941 par les nazis dans l'est de la Pologne. Ce livre raconte l'enquête que Mendelsohn a menée pendant cinq ans dans le monde entier pour comprendre ce qui était exactement arrivé à une partie de sa famille qui vivait en Pologne pendant la guerre. Mais, à la différence de Jonathan Littell, prix Goncourt l'an dernier, ce livre se place du côté des victimes et pas des bourreaux. Il est exceptionnel, véritable plongée dans l'âme humaine, l'Histoire et la fragilité des civilisations.

1. Les disparus de Daniel Mendelsohn (Flammarion)
2. Un homme de Philippe Roth (Gallimard)
3. Dans le café de la jeunesse perdue de Patrick Modiano (Gallimard)
4. La stratégie des antilopes de Jean Hatzfeld (Seuil)
5. La Taverne du doge Loredan d'Alberto Ongaro (Anacharsis)
6. Alabama Song de Gilles Leroy (Mercure de France)
7. Le poids d'une âme de Mabrouck Rachedi (Jean-Claude Lattès)
8. Algérie ! Algérie ! de Eric Michel (Presses de la Renaissance)
9. Pandore au Congo de Albert Sanchez Pinol (Actes Sud)
10. Les belles choses que porte le ciel de Dinauw Mengestu (Albin-Michel)


Essais/Documents


Christiane Singer, écrivaine française vivant en Autriche, s'y est éteinte le 4 avril dernier d'un cancer. Consciente de vivre ses derniers jours, elle a griffonné ces “Derniers fragments d'un long voyage”. Six mois d'écriture intense.
Il y a des livres qu'il suffit de regarder pour subir cette métamorphose interne seule offerte par les grandes oeuvres. Ecrit sous la forme d'un journal relatant les derniers mois d'une existence spirituellement, amoureusement, maternellement, amicalement riche, ces Récits se referment comme des complices se séparent par un baiser sur le front sur le quai d'une gare ou d'autres se signent avant de quitter l'église : avec une immense reconnaissance pour ce temps d'écoute offert. Car au delà de la confession, c'est bien une oreille attentive que propose cet ouvrage : une attention à nos propres inquiétudes d'humains trop humains.


1. Derniers framents d'un long voyage de Christiane Singer (Albin-Michel)
2. De L'eau glacee contre les miroirs de Philippe Mezescaze (Le Rocher)
3. Une vie de Simone Veil (Stock)
4. Le malaise dans les musée de Jean Clair (Flammarion)
5. Che Guevara de Jean Cornier (Le Rocher)
5. L'Orient désert de Richard Millet (Mercure de France)
6. La nuit du Fouquet's d'Ariane Chemin et Judith Perrignon (Fayard)

7. Le fantôme de Staline de Vladimir Féférovski (Le Rocher)
8. Une éducation algérienne de Wassyla Tamzali (Gallimard)
9. Le bal des papillons de Hervé Vilard (Fayard)
10. Le temps des turbulences de Alan Greenspan (Jean-Claudes Lattès)
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# Posted on Monday, 10 December 2007 at 12:10 PM

Edited on Monday, 10 December 2007 at 4:52 PM

Jean CLAIR, le magnifique

Jean CLAIR, le magnifique
Le Blog d'André Bonet, dimanche 9 décembre 2007. - Le nouveau livre de Jean Clair, Malaise dans les Musées (Flammarion, collection Café Voltaire, 2007) est né d'un désenchantement.

Jean Clair dans la main de Zoran Mu¨ič

Un des livres qui m'ont le plus marqués est précisément un essai de Jean Clair : La barbarie ordinaire (1) . Le lecteur y découvre la terrible déportation de Zoran Mu¨ič à Dachau. Plutarque raconte que, des sept mille Athéniens faits prisonniers durant les guerres de Sicile, échappèrent aux travaux forcés dans les latomies, et donc à la mort, ceux qui surent réciter à leurs vainqueurs, Grecs comme eux, quelques vers d'Euripide.
Les nazis n'appliquèrent pas ce trait de clémence antique aux déportés des camps. Citer Goethe ou Schiller ne fut à ces derniers d'aucun secours.
Pourtant la mémoire - la culture - joua un rôle majeur dans le destin des déportés. Savoir par c½ur un poème met à l'abri du désastre. Ce que l'on garde en esprit, aucune Gestapo, aucune Guépéou, aucune C.I.A. ne peut vous le retirer.
En septembre 1944, le peintre Zoran Mu¨ič est déporté à Dachau. Il y réalise, au risque de sa vie, une centaine de dessins décrivant ce qu'il voit : les scènes de pendaison, les fours crématoires, les cadavres empilés par dizaines, c'est-à-dire l'indescriptible.
Plus que la formule trop citée d'Adorno sur Auschwitz, la question que pose ce livre est la suivante : que pouvait alors la mémoire contre la mort, l'art contre l'indicible? Non pas " après ", mais dans le quotidien de la vie des camps? Que peut-elle aujourd'hui dans une modernité qui, par son déni de la culture au nom de l'égalitarisme, et par sa tentation, au nom du progrès biologique, de légaliser l'euthanasie et l'eugénisme, semble souscrire au nomos de la vie concentrationnaire même?
L'oeuvre de Zoran Mu¨ic, grave et sereine à la fois est resserrée autours de quelques thèmes essentiels, traités de façon récurrente au long de son activité créatrice. Venise est de ceux-là. C'est à peine sorti de Dachau qu'il la représente dans son éblouissante lumière et sa fragile poésie.
En 1972 Jacques Lassaigne consacre à Mu¨ič la première rétrospective d'un peintre vivant au Musée d'art moderne de la ville de Paris. De nombreuses autres expositions rétrospectives sont organisées, dans des galeries ou des musées, notamment en Allemagne (Darmstadt, 1977), en Autriche (Salzbourg, 1985, Vienne, 1992), en Espagne (Madrid, 1974; Valence, 1994), en Italie (Milan, 1974; Venise, 1974, 1980,1981, 1985; Ferrare, 1978; Parme, 1987; Trieste, 1984; Turin, 1987), en Norvège (Oslo, 1978) et en Suisse (Bâle, 1977; Zurich, 1994). Mu¨ič peint par la suite les chênes-lièges de la forêt des Maures (Var), qui sont à l'origine de ses Motifs végétaux, puis la forêt de Fontainebleau et les Paysages rocheux des Dolomites. À partir des années 1980, il s'engage dans de nouvelles séries de visions de Venise. François Mitterrand descend volontiers chez Zoran Mu¨ič et Ida Barbarigo lorsqu'il fréquente la cité des Doges (ils sont ses « plus chers amis vénitiens »,) et passe avec eux son avant-dernier Noël. Ils reçoivent d'autres amis, notamment Édouard Pignon, Zoran Kr¸i¨nik et France Mihelič, mais Mu¨ič aime passer de longues heures solitaires.
Alors que sa vision ne cesse de s'affaiblir, les Galeries nationales françaises du Grand Palais consacrent à Mu¨ič une grande exposition en 1995, inaugurée par le président Mitterrand et le président de la Slovénie Milan Kučan. Une exposition permanente de ses ½uvres se trouve au château de Dobrovo à Brda en Slovénie. Des peintures, dessins et gravures de Mu¨ič figurent dans les plus grands musées d'Allemagne, de Croatie, du Canada, d'Espagne, des États-Unis, de France, d'Italie, du Mexique, de Slovénie et de Suisse.

Malaise dans les musées

Dans son dernier livre Malaise dans les musées (2) , l'ancien directeur du Musée Picasso s'en prend à la dérive des musées qui, à l'image du Louvre, vendent leur marque comme des lessives. Le projet d'installation à Abu Dhabi d'une «antenne» du Louvre est la cible principale du critique et historien d'art, qui en profite pour clouer au pilori l'art contemporain: «Ce qu'on appelle "art" n'est plus qu'un idiotisme exprimant les caprices infantiles d'un individu qui croit ne rien devoir à personne», écrit-il.
Aujourd'hui, les musées affrontent les approches les plus saugrenues. De plus en plus oubliées leurs valeurs identitaires, culturelles et politiques. "Allons-nous écrit Jean Clair, vers une réalité qui les réduira en entrepôts où puiser des marchandises?".
Françoise Benhamou nous livre une brillante critique, dans laquelle elle évoque l'élégance de l'écriture, l'érudition, "la cascade habilement ordonnée des anecdotes personnelles", le ton de la confession, exercent d'emblée leur pouvoir de séduction. "On retrouve l'art de la mise en scène, celui des correspondances audacieuses qui ont fait la réussite des grandes expositions dont Jean Clair a été le commissaire, "L'âme au corps", "Mélancolie. Génie et folie en Occident," et bien d'autres encore. La verve est intacte, comme lorsqu'il osa, alors directeur du musée Picasso , s'élever contre la location de la marque par un constructeur automobile, au risque de déclencher l'ire des ayants droit de l'artiste.
De mélancolie il est sans doute question lorsque Jean Clair évoque sa première rencontre, sur les bancs de l'école, avec les couleurs de Matisse, ou qu'il avoue que c'est l'art qui l'a consolé de ce que Cioran appelait avec tant de justesse "l'inconvénient d'être né".
Jean Clair n'aime pas les bruits de l'art actuel, les "performances", il n'aime guère les foules qui se pressent au musée, ces gens qui débarquent en autobus climatisé, "nonchalants, et finalement indifférents, bruyants, vulgaires, avachis, pour croire admirer ces trésors". Jean Clair n'aime pas le musée des arts premiers, qu'il perçoit comme une sorte d'escroquerie intellectuelle. Il regrette la pyramide du Louvre, qui ouvrit la voie au musée spectacle. Il ne goûte guère la promiscuité, les masses, les énarques. Cette kyrielle des ennemis de l'art qui hante les musées sans rien n'y entendre.
C'est un peu le livre du mépris, celui que partagerait une élite désargentée, mal aimée, trop peu écoutée, à la vue de ces masses incultes, "ces néophytes, ces ravis, ces béats" qui se précipitent au musée, écoutent benoitement les explications qu'on leur donne, et croient aimer ce qu'ils ne savent pas même regarder. L'auteur s'attaque avant tout à la dérive qui atteint les musées depuis que, objets de trop d'honneurs, leur multiplication et leur rénovation en ont fait des lieux de culte pour personnes incultes.
Auteur d'expositions internationales, sa dernière en date Mélancolie a connu un immense succès. Il s'en explique : "Cinq mille visiteurs pour Paul Klee en 1966 au musée d'Art moderne. Et aujourd'hui, entre 200 000 et 400 000 entrées pour des expositions autrement ambitieuses. Les Etats-Unis sont venus prendre des leçons chez nous. Mais à qui doit-on ces succès ? Aux administrateurs, « dircoms » et financiers aux propos « bombastiques » qui promeuvent, louent et rêvent de vendre les collections et dirigent ces coques vides que les musées nouveaux sont devenus, ou aux conservateurs mal payés et méprisés que nous fûmes ? Nous sommes restés fidèles à un certain professionnalisme, qu'on pourrait aussi nommer morale : on ne prête pas des oeuvres, qui sont choses uniques et fragiles, on ne les fait pas voyager si ce n'est pas pour une raison qui en vaut la peine. On ne loue pas n'importe quoi pour faire du chiffre."
Ce qui est régulièrement appréciable dans les propos et les écrits de Jean Clair, outre l'érudition toujours au service d'une démonstration ou d'un raisonnement, c'est la rigueur et l'exigence de la pensée appliquée aussi bien au monde des mots qu'à celui des images. On ne se privera pas de lire aussi son Journal atrabilaire (3), pour découvrir le journal d'un esprit libre d'une très grande lucidité, qui n'a jamais craint d'aller contre les douteuses facilités des modes intellectuelles de notre temps.

(1) NRF Gallimard 2001 - 167 pages - 12,96 ¤
(2) Flammarion, 2007 - 139 pages- 12 ¤
(3) NRF Gallimard 2006, - 224 pages - 17 ¤
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# Posted on Sunday, 09 December 2007 at 1:29 PM

Edited on Sunday, 09 December 2007 at 3:22 PM

Dominique FERNANDEZ reçoit son épée d'académicien à l'Opéra avant d'être reçu le 13 décembre sous la Coupole

Dominique FERNANDEZ reçoit son épée d'académicien à l'Opéra avant d'être reçu le 13 décembre sous la Coupole
Le Blog d'André Bonet. Palais Garnier, 6 décembre 2007.- L'auteur de "Mère Méditerranée" au Quai Conti.

Né le 25 août 1929 à Neuilly-sur-Seine, Dominique Fernandez est diplômé de l'École normale supérieure et agrégé d'Italien (1955). Il devient en 1957, professeur à l'Institut Français de Naples. Il soutient sa thèse sur L'Échec de Pavese, et est nommé professeur d'italien à l'université de Haute-Bretagne.
Depuis 1958, il mène carrière d'écrivain et de critique littéraire à la Quinzaine Littéraire, L'Express et au Nouvel Observateur.
En 1974, Porporino ou les Mystères de Naples est couronné par le Prix Médicis et dont on a tiré un opéra. Il met en scène, un castrat napolitain au XVIIIe siècle. Une fresque colorée qui offre une pluralité de lectures, historique, idéologique et freudienne.
Dominique Fernandez a inventé la « Psychobiographie » utilisée déjà en 1967 dans L'échec de Pavese.
Il obtient en 1982 le Prix Goncourt avec Dans la main de l'ange. Un roman qui puise dans la vie bien réelle de Pasolini, écrivain et cinéaste italien assassiné à Ostie en 1975.
Il obtient en 1988 le Prix Méditerranée avec Le Radeau de la Gorgone. Ce livre est le récit de ses expériences, de ses découvertes, de ses émotions. Il a grimpé sur les volcans, exploré les déserts, visité basiliques, cryptes, palais, villas, cimetières, soufrières, mines de sel... mais aussi vécu en compagnie de Siciliens, dans des villages dont il raconte la pittoresque évolution, le passage, en moins d'un quart de siècle, des coutumes féodales à un timide apprentissage de la démocratie.
Le photographe Ferrante Ferranti apporte au texte un commentaire visuel, qui nous plonge d'emblée dans l'atmosphère sicilienne, blanche et noire symphonie aux traits fortement contrastés. Jeux de la lumière et de la beauté, charme sensuel et grandeur antique, opulence et misère d'une île qui flotte au carrefour de l'Europe, de l'Afrique et de l'Orient.

Remise de l'Epée d'Académicien

Le Comité pour l'Epée de Dominique Fernandez avait réuni les amis du nouvel académicien à la Rotonde des abonnés du Palais Garnier, le 6 décembre dernier. C'est Frédéric Vitoux qui eut le privilège de lui remmettre son épée, sous le regard bienvieillant et attentif de nombreux académiciens par lesquels le Secrétaire Perpétuel Hélène Carrère d'Encausse, Jacqueline de Romilly, Max Gallo, et Pierre Rosenberg.
De très nombreuses personnalités étaient également présentes ; Pierre Bergé, Diane de Margerie, Dominique Bona, Henry Bonnier, Gérard Davoust , Jean-Claude Fasquelle et Olivier Nora, les écrivains Jean-Jacques Bedu, Eric Michel et Mabrouck Rachedi.
Pierre Bergé, dont on apprécie l'élégance jusqu'au moindre détail, apporta à la cérémonie une touche personnelle et appréciée lorqu'il s'inquieta personnellement de l'endroit où pourrait être exposée et mise en valeur l'épée.
C'est tout l'art des grands de veiller au moindre détail...
Le discours de l'Epée de Dominique est un bonheur d'intelligence. Dominique débuta par la lecture des premières lignes de La Chartreuse de Parme (c'est aussi l'occasion de rappeller que Stendhal est son écrivain préféré) : "Le 15 mai 1796, le général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d'apprendre au monde qu'après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur. Les miracles de bravoure et de génie dont l'Italie fut témoin en quelques mois réveillèrent un peuple endormi."
Le général Bonaparte aurait très bien pu porter cette épée, qui équipait les officiers du Directoire et, faite de simple fer forgé, illustre cette époque où l'héroïsme allait de pair avec une certaine austérité.
Dominique Fernandez précisa qu'il avait souhaité réunir ses amis au Palais Garnier, car à ses yeux nul autre endroit ne répond aussi pleinement à son goût que ce temple de l'art lyrique. il s'est dit heureux de recevoir cette épée sous cette coupole "qui est moins pure et moins sévère que l'autre, plus italienne, presque popéienne, dans son luxe de marbres et son ostentation de miroirs".
Sous le fourreau de l'épée, il a fait graver, selon l'usage, des symboles qui expriment ses goûts profonds. La bouterolle est ornée d'une truie. Etonnnant? Pas vraiment. Il nous explique son choix : " La langue italienne distingue la troia, ou la femelle du chochon, bête peu noble, la truie, et la scrofa, animal mythique qui n'a pas de nom français." Une des rues les plus importantes de Rome porte ce nom : via della Scrofa. Dominique Fernandez a mis du temps à découvrir le secret. Il y avait autrefois, dans le bas de cette rue, une fontaine qu'on a déplacée pour élargir la chaussée. Mais il reste, sur le mur de l'ancien couvent San Agostino, le relief qui ornait cette fontaine: l'effigie, aujourd'hui bien usée, d'une scrofa. "La scrofa atteste l'origine rustique de Rome et ce qui a été longtemps son statut de village traversé de troupeaux de moutons (...) La scrofa, c'est aussi, au-delà de Rome, le symbole de la mère, de la mère aux multiples mamelles, de la Mater originelle, source de toute vie et de toute joie."
Dominique a appelé un de ses premiers livres, Mère Méditerranée pour dire tout ce qu'il devait à cette Italie généreuse, munificente, à "cette Italie des profondeurs et des richesses cachées".
Dominique Fernandez ne pouvait pas ne pas évoquer dans son discours Ganymède, qui "comme nous le savons par Homère, dit-il, a été récompensé de son audace par le donc de l'immortalité. "
Il paraît que l'Académicie française confère le même privilège à ceux qui, ayant vaincu leur timidité, ont accedé à cette sphère véritablement céleste qu'est l'illsutre coupole.
Rendez-vous donc, sous la coupole, le 13 décembre prochain, date à partir de laquelle Dominique Fernandez occupera désormais le fauteuil de l'illustre d'Alembert, occupé jusqu'alors par Jean Bernarddont il fera l'éloge.
A.B

Photo: Dominique Fernandez aux côtes de Pierre Bergé, d'André Bonet et Jean-Jacques Bedu.
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# Posted on Friday, 07 December 2007 at 3:43 PM

Edited on Sunday, 09 December 2007 at 12:42 PM

Jean-Paul ALDUY dédicace "Perpignan Perpinyà 2020" le 8 décembre chez Torcatis, Privat et la FNAC

Jean-Paul ALDUY dédicace "Perpignan Perpinyà 2020" le 8 décembre chez Torcatis, Privat et la FNAC
Le Blog d'André Bonet.- Maire de Perpignan, Sénateur des Pyrénées-Orientales, Jean-Paul Alduy est président de Perpignan Méditerranée Communauté d'Agglomération (PMCA). Il est premier vice-président de l'Association des Maires des Grandes Villes de France (AMGVF). Il publie Perpignan Perpinyà 2020 (Le Rocher, 2007)

De la passion à la vision

Fils de deux fortes personnalités pesant sur la vie locale et nationale, Jean-Paul Alduy aurait pu se laisser porter tranquillement par la vie et les acquis. Arrêtons-nous sur les grandes étapes qui menèrent Jean-Paul Alduy où il en est aujourd'hui.
La première. Enfance studieuse à Amélie-les-Bains, entouré de sa mère Jacqueline et de son père Paul, de sa s½ur Catherine qu'il affectionne particulièrement. Jean-Paul passe son temps à imaginer le monde à travers ses yeux de garçon solitaire. Le contact quotidien avec la librairie de l'oncle de son père, Abdon Xatard, située en face de la maison familiale, l'initie à de nombreuses découvertes. Il lit, enregistre, mémorise. Il apprend, il réfléchit. Il dessine aussi : aquarelles, paysages, maisons et monuments qui jaillissent au gré de son imagination. Le dessin et la peinture lui donnent déjà le sens des volumes et des perspectives.
L'adolescence est partagée entre Amélie-les-Bains, Céret et Perpignan. C'est l'époque où Jean-Paul décroche son premier baccalauréat au Lycée de Céret, puis le second au Lycée Arago de Perpignan. À cette époque, le jeune bachelier voit son père accéder à la Mairie de Perpignan et sa mère à celle d'Amélie-les-Bains, avant de devenir tous deux sénateurs. Il s'interroge. Il semblerait que, dans la famille, on ait la « tête politique ».
Deuxième étape. Paris. Désireux de s'affirmer sans qu'on fasse référence aux réussites familiales, Jean-Paul quitte le natal Roussillon pour forcer son destin dans la capitale. En mai 68, il adhère aux idées, en prenant le parti du peuple contre l'ordre établi.
Polytechnicien, ingénieur général des Ponts et Chaussées, ancien élève des Beaux-Arts (il consacre un mémoire au clocher et à l'architecture de Collioure), et passionné de voile, il poursuit une carrière de haut fonctionnaire au Ministère de l'Urbanisme du Logement et des Transports.
En 1988, il est nommé directeur-général de l'Etablissement Public d'Aménagement de la Ville Nouvelle de Saint Quentin en Yvelines. C'est une période de formation sur le terrain. Il met en pratique ses connaissances théoriques, donne forme à des infrastructures, se passionne pour l'urbanisme, le tissu commercial, les services publics. Ces réalisations embryonnaires annoncent, sans qu'il le perçoive encore, son futur destin...
Troisième étape. Les circonstances politiques locales l'appellent à revenir au pays en 1992 : telle n'était pas sa volonté, mais Jean-Paul est prêt...
Cette année-là, il est élu Conseiller général du canton du Haut-Vernet.
Succédant à son père à la Mairie de Perpignan au printemps 93, il met aussitôt en ½uvre l'expérience acquise en région parisienne. Et les Perpignanais de vérifier comment la physionomie de la vieille ville se modifie au cours des deux derniers mandats.

Passion partagée

À travers le témoignage passionné de Jean-Paul ALDUY pour sa ville, le lecteur découvre comment Perpignan s'est déjà transformée et pourrait évoluer à l'horizon 2020.
Dans Perpignan Perpinyà 2020, Jean-Paul Alduy, commence par brosser avec modestie et à petites touches un tableau de sa ville archipel, comme il aime à l'appeler. Au fil des chapitres, il dresse une cartographie accessible au lecteur et à ses habitants, dont il a un souci sincère.
Pour se faire, le maire de Perpignan a quelques atouts. Ingénieur diplômé des Ponts et chaussées, il sait de quoi il parle et, quand il propose une prospective pour ouvrir la « ville la plus au sud de la France » sur les autres régions de France et l'autre partie de la Catalogne et, au-delà, l'ensemble de l'espace ibérique et le Maghreb, c'est bien pour donner à Perpignan, demain, une dimension euro-méditerranéenne et internationale.
Autrement dit, faire de Perpignan, non plus une petite ville touristique agréable, mais une métropole dynamique, moderne, prête à affronter les enjeux d'un monde multipolaire.
Partisan d'un urbanisme à visage humain, Jean-Paul Alduy ne se contente pas de belles phrases et entre ensuite dans les détails techniques des réalisations qu'il souhaite. Car s'il veut faire partager au lecteur une passion, c'est bien parce que les Perpignanais seront, demain, les premiers bénéficiaires de sa vision de maire.
Ce défi là, Jean-Paul Alduy voudrait pouvoir le relever pour sa ville. Il écrit dans l'avant-propos de son livre: "Mon passé d'urbaniste et ma vie publique y ont déjà contribué, en redonnant l'espoir à tous ces jeunes qui attendent de leur ville qu'elle ne les exclut pas. Que cette ville en devenir ouvre pour eux les chemins de l'égalité des chances, de la reconnaissance de leur identité dans une France une et plurielle, une France qui à Perpignan plus qu'ailleurs doit savoir construire l'égalité et la fraternité.
Ce défi de la reconquête de ces quartiers, de leur intégration dans la vie sociale et culturelle de la ville, ce défi du combat contre le communautarisme qui brise l'unité de la Cité, ce défi est incontournable et il requiert une volonté à l'épreuve de toutes les tensions, mais aussi des moyens financiers considérables.
Ce défi, je veux le relever. Je veux ma revanche sur les émeutes de mai 2005, pas tant parce qu'elles m'ont blessé et humilié que parce que j'en tire les conclusions pour l'avenir. Mais pour relever ce défi, il est nécessaire non seulement de réunir tous les partenaires -Etat, Région, Département, Agglomération- mais surtout de changer le rythme du développement économique de Perpignan pour que nos ressources changent d'échelle. Or, l'arrivée du TGV de Barcelone nous offre cette opportunité par le dynamisme que peut créer la construction d'une économie transfrontalière, d'un bassin d'emploi et de consommation d'un million d'habitants..."


Dédicace exceptionnelle avec Jean-Paul ALDUY à Perpignan, samedi 8 décembre 2007:
de 11h à 12h à la Librairie Torcatis
de 14h à 15h à la Librairie Privat
de 15h à 16h à la FNAC

Perpignan Perpinyà 2020, de Jean-Paul ALDUY, Le Rocher 2007, 182 p., 16 ¤

# Posted on Tuesday, 04 December 2007 at 1:33 AM

Edited on Tuesday, 04 December 2007 at 2:53 AM

Près de 1000 personnes pour Amélie Nothomb à Perpignan

Près de 1000 personnes pour Amélie Nothomb à Perpignan
Le Blog d'André Bonet.- Amélie Nothomb était à Perpignan le 30 novembre 2007, à l'occasion de la dédicace à la FNAC et de la présentation au Palais des Congrès Georges Pompidou de Perpignan de son roman « Ni d'Eve ni d'Adam », prix de Flore 2007 (Albin-Michel) On a frôlé l'émeute. Le CML finit l'année en beauté.

Amélie Nothomb a passé la journée du 30 novembre à Perpignan au pas de charge. Mais avant de satisfaire à ses nombreuses obligations, le best-seller a tenu à se balader à pied dans la ville, qu'elle a découverte avec ravissement. Un point presse rondement mené, bons mots et sourire en prime, puis direction la FNAC où une foule impressionnante se massait. On croyait rencontrer le phénomène Nothomb mais on a vu la femme Amélie, avenante, qui prend son temps pour répondre à toutes les questions, toutes les sollicitations. En fin d'après-midi, au Palais de Congrès, il fallait arriver en avance : il n'y avait plus une place pour la rencontre avec l'écrivain. Précédée d'une lecture originale, faite par les jeunes acteurs de la compagnie Le Théâtre Chez Soi grimés en Amélie Nothomb (au centre sur la photo) – vêtus de noir, mitaines aux mains, rouge aux lèvres - et mise en scène de main de maître par Laurent Prat , elle a enchanté l'auteur. Elle avouera que cela restera l'une des plus belles lectures auxquelles elle a assisté. Son regard attentif pendant la représentation lui a permis de multiplier les commentaires détaillés, à untel qui imposait sa présence ou à telle autre dont la voix portait particulièrement. L'excellent moment se poursuivait lors de l'interview proposée par Caroline Daviron, auteur de « Elles, les femmes dans l'½uvre de Jean Genet » (éd. L'Harmattan) et Mabrouck Rachedi, auteur de « Le Poids d'une âme » (éd. Lattès) et « Eloge du miséreux » (éd. Michalon). Sous le feu nourri des questions, relayées ensuite par les spectateurs fins connaisseurs de l'½uvre nothombienne, l'écrivain a été brillant et drôle. Comme lors de toute cette journée. Félicitant l'organisation orchestrée au millimètre par l'équipe du CML, Amélie Nothomb a promis qu'elle se souviendrait de son séjour catalan. En fin de journée, un constat : le prix de Flore 2007 mérite aussi la palme du professionnalisme et de la gentillesse.

Amélie Nothomb répond pour le blog d'André Bonet aux questions de Mabrouck Rachedi qui a animé la rencontre, avec la complicité de Caroline Daviron, qui publie dans quelques jours " Elles, les femmes dans l'oeuvre de Jean Genet" (L'Harmattan, 2007)

M.R.- « Ni d'Eve ni d'Adam » raconte une histoire d'amour-amitié faite de chemins balisés qui vous ressemble bien peu. Seriez-vous schizophrène, comme votre personnage de Textor Textel de « Cosmétique de l'ennemi » ?

Amélie Nothomb : Je ne pense pas être schizophrène. De toute façon, on pourrait éprouver ce sentiment-là, à savoir cet amour mal défini qui ressemble en effet plus à de l'amitié et à de la fraternité qu'autre chose, sans pour ça être schizophrène. Cela n'exclut pas que l'on puisse l'être par ailleurs mais ce sentiment-là me paraît extrêmement sain, c'est un sentiment de grande santé. Eprouver forcément une passion morbide pour quelqu'un, ça, ce serait plutôt inquiétant.

M.R.- Dans « Péplum », vous écrivez de vous, en vous projetant dans l'avenir : « lisez les critiques de l'époque, on me prenait pas au sérieux » et plus loin » provoquer une éruption volcanique me paraît plus facile que de changer la réputation d'un écrivain ». Le pensez-vous toujours ?

Amélie Nothomb : Oui, mais en même temps, sans aucune amertume et sans aucun tragique. Quelque part, ça m'arrange très bien qu'on ne me prenne pas au sérieux parce que ça me donne une très grande liberté.

M.R.- On ne vous prend pas au sérieux ? 41 traductions...

Amélie Nothomb : C'est un peu le mérite des traductions et de l'étranger en général, c'est que vous n'y êtes pas forcément précédé de toute une réputation. Donc, on ne lit que votre texte et on s'aperçoit que votre texte est peut-être très intéressant.

M.R.- Malgré tous ces honneurs, comment restez-vous affamée ?

Amélie Nothomb : De toute façon, je crois que pour ça, j'ai ce qu'on appelle une riche nature. Du côté de la faim, je suis gâtée depuis la naissance. J'ajouterai que le fait de continuer à écrire tous les jours un minimum de quatre heures par jour est une excellente hygiène de vie et entretient la faim.

M.R.- Quel souvenir garderez-vous de votre passage à Perpignan ?

Amélie Nothomb : Ah la la ! Mille souvenirs, tous plus forts les uns que les autres mais je dois quand même dire que le sommet, cela a été cette incroyable soirée dans cette incroyable demeure, la plus belle que j'ai vue de ma vie, hier soir à Perpignan. Une maison mais... [soupir d'admiration] il m'aurait fallu au moins une semaine d'exploration pour venir à bout de la beauté de cette maison.

# Posted on Sunday, 02 December 2007 at 6:12 PM

Edited on Tuesday, 04 December 2007 at 2:54 AM