Le Blog d'André Bonet, dimanche 8 mars 2009. Le retentissement du film consacré à Harvey Milk, pionnier de la cause homosexuelle américaine est important outre-Atlantique où sa sortie est intervenue en plein combat sur le mariage gay en Californie. Mais en France aussi, sa sortie suscite projections spéciales et débats aux quatre coins du pays. Le film de Gus Van Sant retrace la véritable histoire des huit dernières années de la vie de Harvey Milk. Dans les années 1970, il fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles à San Francisco, en Californie. Son combat pour la tolérance et l'intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités et son engagement a changé l'histoire. Le film reçoit deux Oscars à la 81e cérémonie ayant eu lieu le 22 février 2009 :Oscar du meilleur acteur pour Sean Penn dans le rôle titre. Oscar du meilleur scénario original pour Dustin Lance Black.
Harvey Bernard Milk (né le 22 mai 1930 à Woodmere, à Long Island, et mort le 27 novembre 1978 à San Francisco) était un homme politique américain et un militant pour les droits civiques des homosexuels. Il est le premier superviseur (un poste similaire à celui de conseiller municipal) ouvertement gay de la ville de San Francisco. Harvey Milk est assassiné avec le maire George Moscone le 27 novembre 1978. Leur meurtrier, Dan White, est condamné à sept ans de prison. Le verdict, considéré comme trop clément par la communauté gay, provoque un scandale dans l'opinion publique qui mène à des émeutes sévèrement réprimées par la police de San Francisco. Harvey Milk est parfois considéré par certains comme un martyr de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre.
Harvey Milk (Milk) est un film biographique et dramatique de Gus Van Sant sur Harvey Milk, homme politique américain militant pour les droits civiques des homosexuels dans les années 1970.
Il est sorti aux États-Unis en avant-première à San Francisco le 28 octobre 2008, puis dans tous les États le 26 novembre 2008, la veille du trentième anniversaire de l'assassinat du maire George Moscone et d'Harvey Milk, et en France le 4 mars 2009.
Auréolé d'un Oscar pour son interprétation, Sean Penn est à l'affiche à partir de mercredi de «Milk», de Gus Van Sant ( 242 salles à travers l'Hexagone), dans lequel il incarne le premier homme politique américain ouvertement homosexuel , Harvey Milk, assassiné en 1978 alors qu'il venait d'être élu à la mairie de San Francisco.
Avec Milk, les gays ont une histoire
L'acteur américain était à Paris vendredi dernier, pour une conférence de presse consacrée au film. Il a réservé à la presse française la confrmation d'une rumeur qui courait autour du film : «Je suis heureux de vous annoncer que Milk devrait être bientôt projeté à la Maison Blanche.» Voici l'essentiel des déclarations qui ont accompagné ce scoop...
A propos de l'interprétation: «Je n'ai pas de don spécial. Mais cela s'apprend, et quand je travaille sur un personnage, je travaille avec mes tripes, à l'instinct. J'écoute la musique du rôle, je panique un peu, je cherche quelle part de moi va pouvoir servir, je tâtonne... Je ne sais pas si je disparais derrière le personnage ou si je prends le dessus sur lui, parce que, selon les rôles, on plonge dans ceux qu'on incarne ou on plonge en soi. En tout cas, quand j'ai envisagé de faire "Milk", ce n'était pas pour des raisons politiques mais parce que le scénario étati formidable et que le personnage avait des échos contemporains. Harvey Milk m'a inspiré.
A chaque film, on se sent toujours dans l'imperfection. Sauf peut-être à mes débuts où je ne connaissais rien et où j'étais donc trés naturel par rapport à un personnage. Mais je crois vraiment que j' apprends toujours de mes rôles précédents pour en jouer un nouveau. A l'approche d'un rôle, j'évite de penser s'il s'agit d'un défi ou pas. Pour "Milk", je n'ai pas songé au fait que ce soit un homme politiquement incorrect. Le choix c'était Harvey Milk d'abord. Ce qu'il avait représenté à ce moment dans la campagne politique et le combat pour les gays qu'il menait à San Francisco. Ce n'est qu'ensuite que je me suis intéressé à l'aspect physique du personnage.».
Sur le réalisateur Gus Van Sant. «Il y a déjà plusieurs années qu'il m'avait proposé le film. Mais le projet n'avait pas pu aboutir pour des raisons financières. Aucun des films de Gus Van Sant ne ressemble à un autre. Chacun d'eux est différent, sauf un peu «Elephant Man» et «Paranoïd Park» qui sont un dans la même lignée. Je suis un fan de Gus Van Sant. Et sur le film, j'étais son dévoué. Pour moi, Gus est une sorte de Hal Ashby ( le réalisateur américain de «Harold et Maude» et «Retour» notamment).».
Sur le mariage gay, en faveur duquel il s'est déclaré lors de la cérémonie des Oscars, le 22 février. «Ce film participera sans doute au dialogue sur la proposition 8 à la Cour suprême», a déclaré Sean penn. demain, jeudi 5 mars, la Cour suprême de l'Etat de Californie doit en effet entendre les arguments des partisans et des opposants au mariage homosexuel, avant de rendre une décision dans les 90 jours. Adoptée en novembre lors d'un référendum d'initiative populaire, la «proposition 8» avait refermé la parenthèse de quatre mois pendant laquelle des couples homosexuels avaient pu légalement se marier en Californie. «Allons-nous vaincre aujourd'hui ?... Je n'en sais rien, a poursuivi l'acteur, mais le train est en marche et cette mesure sera renversée. J'ignore quand, mais elle le sera.» Sean penn a ajouté : «On m'a demandé un jour de dire quelle était la différence entre le luxe et le nécessaire, pour un être humain. Le droit à l'égalité pour tous, y compris les homosexuels, fait évidemment partie du nécessaire. C'est pour cette raison que ce droit deviendra une réalité et je pense qu'à sa façon, ce film y participera».
Sur l'Oscar du meilleur acteur. «Mickey Rourke est un vieil ami. On s'était rencontrés l'an dernier au Festival de Toronto, où nos deux films étaient présentés ( «The Wrestler» et «Milk»). Peu de temps avant, il avait gagné le prix d'interprétation à Venise pour son rôle de catcheur vieillissant et magnifique dans «The Wrestler». Evidemment, nous ne pensions pas alors nous retrouver tous les deux en compétition pour un Oscar. Mickey a payé longtemps les terribles déclarations qu'il a faites sur Hollywood. Désormais, cela appartient au passé. L'important c'est que, maintenant, il soit revenu au premier plan et qu'il soit là pour longtemps. Quant à l'Oscar, je peux vous dire qu'à 75 %, j'étais sûr de ne pas l'avoir.»
Sur son engagement politique. «Je me suis senti vraiment seul à Hollwood quand j'avais exprimé mon opposition à la guerre en Irak. Là, c'est fort heureusement tout le contraire. Beaucoup d'acteurs ont réagi en faveur du mariage gay. Y compris Brad Pitt, et je lui tire mon chapeau !».
Sean Penn trouve ici l'un de ses meilleurs rôles, si ce n'est son meilleur. On a rarement vu l'interprète de Mystic River incarner un rôle avec une telle conviction, une telle vérité, sans jamais tomber dans la singerie. C'est aussi pour lui qu'il faut voir ce très beau film politique d'une effrayante actualité.
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Un film réalisé par Gus Van Sant, Avec : Sean Penn, Emile Hirsch, Josh Brolin, James Franco. Durée :2h07. En salles depuis le 4mars 2009.