JEAN-MARC LOUIS ET FABIENNE RAMOND : LA DIFFICULTE SCOLAIRE EST DE PLUS EN PLUS CONSIDEREE COMME LE FAIT DU SYSTEME EDUCATIF

JEAN-MARC LOUIS ET FABIENNE RAMOND : LA DIFFICULTE SCOLAIRE EST DE PLUS EN PLUS CONSIDEREE COMME LE FAIT DU SYSTEME EDUCATIF
Le blog d'André BONET, mardi 7 avril 2009. Jean-Marc Louis, Inspecteur de l'Education nationale, journaliste et Fabienne Ramond, professeur des école. Conseillère pédagogique pour l'adaptation et l'intégration scolaires à l''Inspection académique de la Moselle publient un excellent ouvrage Comprendre et accompagner les enfants en difficultés scolaires(1) (Dunod, 2009). Au travers de l'état des lieux de la question se dessinent les préoccupations communes à tous ceux, enseignants, parents, partenaires éducatifs qui entendent laire de l'Ecole le lieu de la réussite de tous les élèves.

Ce livre se veut une défense et une illustration des capacités de l'école à assumer pleinement sa mission éducatrice auprès de tous les enfants et à assurer la prévention de l'échec scolaire en liaison avec les divers spécialistes de l'aide socioéducative et médico-psychologique. Manuel pratique, cet ouvrage recense les principaux moyens d'action offerts par les divers dispositifs pédagogiques, rééducatifs et thérapeutiques au service de l'enfant en difficulté à l'école.
La diffilculté scolaire est une une réalité complexe et multiforme. Ce livre montre comment l'École identifie et traite la difficulté scolaire. Il nous oriente vers un essai de définition de la difficulté scolaire, il aborde les facteurs favorisant l'émergence de la difficulté scolaire, l'identification des difficultés scolaires, les dispositifs de prévention et de réponse à la difficulté scolaire, les dépistages précoces, la prévention dans le temps scolaire, les aménagements pédagogiques, les dispositifs spécifiques, les dispositifs extérieurs à l'école et les médiations fondamentales.
En refermant l'ouvrage on comprend mieux pourquoi la difficulté scolaire n'est pas une vue de l'esprit mais une réalité dramatique qui ne tolère plus les querelles sémantiques et de statistiques internes. Comme le souligne les auteurs, le nombre d'élèvres en difficultés ne régresse pas. Nombreux sont ceux qui sortent sans qualification de l'Ecole et peu armés pour la vie, qui "décrochent" au cours de leurs scolarité. Le présent livre fait le point sur la question de la difficulté scolaire et approcher, par différents champs d'analyse, les multiples factees de sa nature et de ses causes. L'ouvrage propose une manière permettant aux équipes enseignantes d'une part de penser la question de la difficulté scolaire et la pédagogie et de l'autre de réfléchir à la mise en place de réponses concrètes et adaptées.

Jean-Marc Louis, Fabienne Ramond - 2009 - 256 pages

(1) Les difficultés scolaires sont actuellement un problème important pour la famille et pour les enfants.
Pour les parents :
- ou bien ils appartiennent à un milieu social élevé et dans tous les cas ils ont du mal à accepter l'échec de leur enfant :
d'une part, par fierté naturelle,
d'autre part, par anxiété devant un avenir qu'ils souhaitaient brillant et qui paraît compromis.
- ou bien ils appartiennent à un milieu modeste et avaient reporté sur leurs enfants leurs espoirs de réussite.
Pour l'enfant :
Dans l'un et l'autre cas, il en résulte un retentissement sur l'enfant.
En effet, il va souffrir de cette situation :
il aura finalement le sentiment d'être en marge de la famille et du groupe ;
et pourra réagir par des conduites inadaptées (échec, opposition...).
C'est dire l'importance pour le médecin de connaître la diversité des causes et de discerner :
celles auxquelles il peut contribuer à remédier,
celles pour lesquelles il faudra le recours du spécialiste : pédopsychiatre, pédagogue, psychologue, rééducateur).
Dans ce cas, les examens seront quelquefois longs et minutieux, le diagnostic étant, le plus souvent, le fruit de confrontations diverses et convergentes.
Pour la collectivité ; une année de redoublement coûte cher.
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# Posted on Tuesday, 07 April 2009 at 9:42 AM

Edited on Tuesday, 07 April 2009 at 10:28 AM

LE LIVRE SORT AUJOURD'HUI EN LIBRAIRIE, "24 JOURS, LA VERITE SUR LA MORT D'ILAN HALIMI" : LE CORPS BRULE ET TORTURE D'ILAN EST DEVENU TEL «UN SIGNE» DE TOUT CE QUE LES JUIFS CHERCHENT A DIRE DE LEUR SOUFFRANCE DANS UN PAYS QUI NE LES ECOUTE PLUS

LE LIVRE SORT AUJOURD'HUI EN LIBRAIRIE,  "24 JOURS, LA VERITE SUR LA MORT D'ILAN HALIMI" : LE CORPS BRULE ET TORTURE D'ILAN EST DEVENU TEL «UN SIGNE» DE TOUT CE QUE LES JUIFS CHERCHENT A DIRE DE LEUR SOUFFRANCE DANS UN PAYS QUI NE LES ECOUTE PLUS
Le Blog d'André BONET, vendredi 27 mars 2009. Ruth Halimi est la mère d'Ilan Halimi, elle travaille au Fonds Social Juif Unifié. Émilie Frèche est écrivain. Elle a publié plusieurs romans et un essai, La mort d'un pote, après l'assassinat d'Ilan Halimi. Dans "24 jours", la mère d'Ilan retrace le martyre de son fils, enlevé, séquestré et torturé à mort par le "gang des barbares" de Youssouf Fofana, dont le procès s'ouvrira le 29 mars. Le corps brûlé d'Ilan, pour reprendre le mot de Juan Asensio , (1) "est devenu tel «un signe» de tout ce que les Juifs cherchent à dire de leur souffrance dans un pays qui ne les écoute plus.


Ilan était issu d'une famille modeste et travaillait dans un magasinde téléphonie. « Appâté » par une jeune fille complicede ses tortionnaires, il a été enlevé puis torturé. Dans un livre à paraître aujourd'hui sa mère regrette les manquements de la police et le silence des 29 personnes qui, en dénonçant les criminels, auraient pu sauver son enfant, massacré par le «gang des barbares».
Le Mot de l'éditeur : "24 jours, la vérité sur la mort d'Ilan Halimi"
Ruth Halimi s'exprime pour la première fois dans ce livre. Son témoignage est d'une très grande force parce qu'il refuse de céder à une émotion facile. La barbarie des preneurs d'otage et leur antisémitisme font d'autant plus froid dans le dos que ce récit s'en tient aux faits. Le livre de Ruth Halimi et Émilie Frèche ne triche jamais avec la vérité. Il montre, au fil de ces 24 jours, l'impuissance de la police. Il révèle aussi des erreurs qui font dire à Ruth Halimi que son fils aurait pu être sauvé. Nul ne pouvait imaginer que dans la France de 2006 se produise un tel événement. Et pourtant...
La parution de ce texte, juste avant le procès du gang des barbares, en fait un événement. Ce document est exceptionnel parce que jamais, jusqu'alors, Madame Ruth Halimi n'avait accepté de s'exprimer sur la mort de son fils. Personne ne peut être indifférent à ce témoignage sur un assassinat qui a profondément troublé le pays par son atrocité et son caractère antisémite ouvertement revendiqué par des meurtriers de sang froid.
Depuis la mort de son fils Ilan, après 24 jours de séquestration et de tortures, en février 2006, sa mère, Ruth Halimi, a gardé le silence. Alors que s'approche le procès des barbares qui ont perpétré cet horrible assassinat, elle raconte ce voyage dans l'enfer de l'antisémitisme et le drame intime qu'elle a vécu.
Tout commence le 20 janvier 2006. Le dîner de shabbat s'achève. Ilan a choisi de sortir ce soir-là malgré les réticences de sa mère. En refermant la porte de l'appartement, il lui adresse un baiser pour la réconforter. Ce sera le dernier. Elle ne le reverra jamais. Le récit des 24 jours qui suivent cette scène est une plongée dans la nuit d'un jeune homme enlevé et pris en otage parce qu'il est juif. À travers les messages de ses ravisseurs, se dessine, jour après jour, son calvaire. C'est aussi l'histoire d'une mère et d'une famille qui vivent entre attente et désespoir au rythme des messages des bourreaux d'Ilan. Elles ne peuvent croire que la République compte des zones de non-droit où des hommes se sentent si protégés qu'ils y torturent un autre homme à mort. Elles ne peuvent imaginer que la police, bardée de technologie, soit impuissante et commette des fautes grossières dans son enquête. Ilan aurait pu être sauvé. Telle est la conviction de Ruth Halimi acquise au cours de ces 24 terribles journées qui ont vu rejaillir en France le plus terrible des préjugés : l'antisémitisme.


24 jours, la vérité sur la mort d'Ilan Halimi, R. Halimi, E. Freche, Essai (broché), 226 p. Seuil, 17 ¤

(1) à consulter l'excellent site de Juan Asensio, "Dissection du cadavre de la littérature" : http://stalker.hautefort.com/
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# Posted on Friday, 27 March 2009 at 4:22 PM

Edited on Sunday, 05 April 2009 at 11:13 AM

MARCELINE LORIDAN-IVENS LAUREATE DU PREMIER PRIX "MEIRI POUR LA MEMOIRE" POUR SON LIVRE "MA VIE BALAGAN"

MARCELINE LORIDAN-IVENS LAUREATE DU PREMIER PRIX "MEIRI POUR LA MEMOIRE" POUR SON LIVRE "MA VIE BALAGAN"
Le Blog d'André BONET, jeudi 26 mars 2009. Le prix "Méiri pour la mémoire" a été fondé en 2008 à l'occasion de la venue à Perpignan d'Elie Wiesel, Prix Nobel de la Paix et du grand rabbin Gilles Bernheim, lauréat du prix "Spiritualités d'aujourd'hui", décerné par le Centre Méditerranéen de Littérature pour son livre de dialogue avec Mgr Philippe Barbarin , "Le rabbin et le cardinal (éditions Stock). Première lauréate : Marceline Loridan-Ivens, pour son livre "Ma vie balagan" (Editions Robert Laffont).

L'idée de ce nouveau prix littéraire est le fruit d'un partenariat entre le Centre Méditerranéen de Littérature et la communauté Israélite des Pyrénées-Orientales. L'objectif du Prix est essentiellement de favoriser le dialogue entre juifs, chrétiens et musulmans par une mémoire en partage. C'est par le partage d'une mémoire commune que le dialogue interreligieux prend tout son sens. Le Méiri, rabbin catalan du 13e siècle demeure célèbre pour la tolérance qu'il a manifestée à l'égard des autres confessions monothéistes, Christianisme et Islam, en dépit des péripéties conflictuelles et parfois dramatiques qui ont marqué, comme on le sait, les relations de ceux-ci avec le Judaïsme.
Le jury fondateur de ce prix est présidé par Daniel Halimi, président de la dite communauté. Il compte parmi ses membres-fondateurs des acteurs du dialogue interreligieux, comme André Bonet, secrétaire général du prix, Jean-Jacques Bedu, Michel Bolassel, Henry Bonnier, Salomon Malka, Coryne Mas, Jean Mattern, Kawta Moutaïb, Maurice Halimi, Alain Radondy, et Gilles Rozier.

Un devoir de mémoire

Dans un beau livre crépusculaire, "Ma vie balagan" (prix Méiri pour la mémoire 2009), la cinéaste et documentariste Marceline Loridan-Ivens témoigne sur sa déportation avec son amie Simone Veil, le cinéma fleuve de son mari Joris Ivens et la vie qui fait des tours. Pour échapper à la mort, elle répond par l'art du « balagan ». Simone Veil, son amie pour la vie, se rappelle que même à Auschwitz Marceline racontait des histoires drôles. Une façon pour elle de survivre à la souffrance omniprésente du souvenir. Ainsi se reconstruit à la première personne, sur une mémoire fuyante et une force de vie contagieuse, la légende intime de Marceline Loridan-Ivens, que le feu des nazis n'a pas pu anéantir.
Veuve du cinéaste Joris Ivens, elle a vécu l'enfer des camps de concentration allemands de 1943 à 1945. Elle a réalisé le film La Petite prairie aux bouleaux, qu'elle a signé en forme de devoir de mémoire. Pour la réalisatrice Marceline Loridan-Ivens, "on occulte le fait que chaque déporté était un individu, avec son expérience, son vécu, sa sensibilité, sa personnalité. Aujourd'hui, chaque survivant a ses souvenirs, ses douleurs de cette époque qui l'ont marqué dans sa chair et son esprit. Il partage avec les autres survivants d'avoir vécu la même tragédie, mais chacun, en fonction de ce qu'il était."

Le prix Méiri pour la mémoire 2009 sera remis à Perpignan le 9 juin prochain à Marceline Loridan-Ivens.

Marceline Loridan-Ivens a écrit Ma vie Balagan avec la collaboration d'Élisabeth D. Inandiak, grand reporter, auteur de contes et romans (Le Livre de Centhini, prix de la Francophonie Asie 2003), scénariste (notamment pour Marceline Loridan), correspondante de Courrier International en Indonésie (où elle vit depuis 1991, à Yogyakarta).

Ma vie Balagan, prix Méiri pour la mémoire 2009, 270 pages, 19 ¤


Photo : Marceline Loridan-Ivens retrouve sa mémoire à Auschwitz-Birkenau en présence d'Anouk Aimée.



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# Posted on Thursday, 26 March 2009 at 9:32 AM

Edited on Thursday, 26 March 2009 at 3:21 PM

25° EDITION DU PRIX MEDITERRANEE 2009 : SIX AUTEURS RESTENT EN LICE

25° EDITION DU PRIX MEDITERRANEE 2009 : SIX AUTEURS RESTENT EN LICE
Le Blog d'André Bonet, lundi 16 mars 2009. Le jury du prix Méditerranée s'est réuni vendredi 13 mars à Paris. Cette 25e édition est exceptionnelle, tant par le nombre de participants (plus de quarante), que par la grande qualité des ouvrages et des auteurs en compétition. Bonne chance aux six auteurs qui restent en lice : Niccolò Ammaniti (Italie), Almudena Grandes (Espagne), Takis Théodoropoulos (Grèce), Gérard de Cortanze, Richard Millet et Alexandre Najjar. Aujourd'hui, le Prix Méditerranée s'inscrit pleinement dans le cadre du lancement de l'Union pour la Méditerranée. Puisse-t-il contribuer à poursuivre sa mission de dialogue entre les cultures qui bordent les rives du bassin méditerranéen. Verdict le 12 mai prochain.

Le Prix Méditerranée, créé en 1984 à Perpignan par le Centre Méditerranéen de littérature (C.M.L.) a pour ambition de valoriser l'espace culturel entre les différents pays dont la Méditerranée est le creuset.
C'est en présence de l'historien Fernand Braudel de l'Académie française et d'André Stil de l'Académie Goncourt, qui ont tous deux des attaches en Catalogne, que l'équipe du CML lance alors l'idée de la création d'un prix littéraire destiné à reconstruire, au fil des années, le récit épique des diversités fondatrices de l'identité méditerranéenne. En 1984, le jury-fondateur est constitué autour d'Hervé Bazin, Président de l'Académie Goncourt, de quatre autre académiciens Goncourt : Emmanuel Roblès, François Nourissier, François Mallet-Joris et André Stil, ainsi que de cinq membres de l'Académie française : Edgar Faure, Jean d'Ormesson, Maurice Rheims, Jacqueline de Romilly et Fernand Braudel. Ecrivains et journalistes siègent à leur côté : Patrick Poivre d'Arvor, Henry Bonnier, Frédérick Tristan, Eric Roussel, Georges-Emmanuel Clancier... Sur proposition d'Hervé Bazin, la présidence du jury est offerte à Edgar Faure, ancien président du Conseil et de l'Assemblée nationale. Jean d'Ormesson succède à Edgar Faure à la tête du jury, avant de céder la présidence à François Nourissier en 1996, puis à André Brincourt en 2003. Outre les membres fondateurs, le jury est aujourd'hui constitué d'écrivains, dont certains sont d'anciens lauréats ou membres des deux académies, mais également d'autres prix tels le Femina, le Renaudot et le Médicis. Tous ont en commun la passion de la méditerranée et, par le livre et la culture, ont l'espoir de voir se réconcilier tous les peuples qui la composent.
Depuis sa création, le Prix Méditerranée n'a cessé de récompenser de nouveaux talents tels Philippe Le Guillou (Prix Méditerranée 1990 et Prix Médicis 1997) ; Robert Solé (Prix Méditerranée 1992, aujourd'hui directeur du Monde des livres) ; Jean- Christophe Ruffin (Prix Méditerranée 1997, Prix Goncourt 2001 et élu à l'Académie française en 2008) ; Sandro Veronesi (Prix Méditerranée 2008 en mars, et en novembre 2008 Prix Médicis étranger) ou de grands écrivains du bassin méditerranéen, comme Jean Daniel, Jean-Pierre Vernant, Dominique Fernandez, de l'Académie française, Edmonde Charles-Roux, de l'académie Goncourt, Arturo Perez-Reverte, Juan Goytisolo, Adonis, Umberto Eco, Claudio Magris ou Orhan Pamuk (Prix Méditerranée 2006 et, quelques jours après la remise, couronné par le Prix Nobel de littérature.)

Sélection 2009 du prix Méditerranée

Prix Méditerranée Etranger

Ammaniti (Niccolò) – Comme Dieu le veut – Grasset.

Grandes (Almudena) – Le C½ur glacé – Lattès.

Théodoropoulos (Takis) – L'Invention de la Vénus de Milo – Sabine Wespieser.

Prix Méditerranée

Cortanze (Gérard de) – Indigo – Plon.

Millet (Richard) – La Confession négative – Gallimard.

Najjar (Alexandre) – Phenicia – Plon.
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# Posted on Monday, 16 March 2009 at 2:52 AM

Edited on Monday, 16 March 2009 at 5:58 AM

HARVEY MILK : LA POLITIQUE AU NOM DE L'AMOUR

HARVEY MILK  : LA POLITIQUE AU NOM DE L'AMOUR
Le Blog d'André Bonet, dimanche 8 mars 2009. Le retentissement du film consacré à Harvey Milk, pionnier de la cause homosexuelle américaine est important outre-Atlantique où sa sortie est intervenue en plein combat sur le mariage gay en Californie. Mais en France aussi, sa sortie suscite projections spéciales et débats aux quatre coins du pays. Le film de Gus Van Sant retrace la véritable histoire des huit dernières années de la vie de Harvey Milk. Dans les années 1970, il fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles à San Francisco, en Californie. Son combat pour la tolérance et l'intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités et son engagement a changé l'histoire. Le film reçoit deux Oscars à la 81e cérémonie ayant eu lieu le 22 février 2009 :Oscar du meilleur acteur pour Sean Penn dans le rôle titre. Oscar du meilleur scénario original pour Dustin Lance Black.

Harvey Bernard Milk (né le 22 mai 1930 à Woodmere, à Long Island, et mort le 27 novembre 1978 à San Francisco) était un homme politique américain et un militant pour les droits civiques des homosexuels. Il est le premier superviseur (un poste similaire à celui de conseiller municipal) ouvertement gay de la ville de San Francisco. Harvey Milk est assassiné avec le maire George Moscone le 27 novembre 1978. Leur meurtrier, Dan White, est condamné à sept ans de prison. Le verdict, considéré comme trop clément par la communauté gay, provoque un scandale dans l'opinion publique qui mène à des émeutes sévèrement réprimées par la police de San Francisco. Harvey Milk est parfois considéré par certains comme un martyr de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre.
Harvey Milk (Milk) est un film biographique et dramatique de Gus Van Sant sur Harvey Milk, homme politique américain militant pour les droits civiques des homosexuels dans les années 1970.
Il est sorti aux États-Unis en avant-première à San Francisco le 28 octobre 2008, puis dans tous les États le 26 novembre 2008, la veille du trentième anniversaire de l'assassinat du maire George Moscone et d'Harvey Milk, et en France le 4 mars 2009.
Auréolé d'un Oscar pour son interprétation, Sean Penn est à l'affiche à partir de mercredi de «Milk», de Gus Van Sant ( 242 salles à travers l'Hexagone), dans lequel il incarne le premier homme politique américain ouvertement homosexuel , Harvey Milk, assassiné en 1978 alors qu'il venait d'être élu à la mairie de San Francisco.

Avec Milk, les gays ont une histoire

L'acteur américain était à Paris vendredi dernier, pour une conférence de presse consacrée au film. Il a réservé à la presse française la confrmation d'une rumeur qui courait autour du film : «Je suis heureux de vous annoncer que Milk devrait être bientôt projeté à la Maison Blanche.» Voici l'essentiel des déclarations qui ont accompagné ce scoop...
A propos de l'interprétation: «Je n'ai pas de don spécial. Mais cela s'apprend, et quand je travaille sur un personnage, je travaille avec mes tripes, à l'instinct. J'écoute la musique du rôle, je panique un peu, je cherche quelle part de moi va pouvoir servir, je tâtonne... Je ne sais pas si je disparais derrière le personnage ou si je prends le dessus sur lui, parce que, selon les rôles, on plonge dans ceux qu'on incarne ou on plonge en soi. En tout cas, quand j'ai envisagé de faire "Milk", ce n'était pas pour des raisons politiques mais parce que le scénario étati formidable et que le personnage avait des échos contemporains. Harvey Milk m'a inspiré.
A chaque film, on se sent toujours dans l'imperfection. Sauf peut-être à mes débuts où je ne connaissais rien et où j'étais donc trés naturel par rapport à un personnage. Mais je crois vraiment que j' apprends toujours de mes rôles précédents pour en jouer un nouveau. A l'approche d'un rôle, j'évite de penser s'il s'agit d'un défi ou pas. Pour "Milk", je n'ai pas songé au fait que ce soit un homme politiquement incorrect. Le choix c'était Harvey Milk d'abord. Ce qu'il avait représenté à ce moment dans la campagne politique et le combat pour les gays qu'il menait à San Francisco. Ce n'est qu'ensuite que je me suis intéressé à l'aspect physique du personnage.».
Sur le réalisateur Gus Van Sant. «Il y a déjà plusieurs années qu'il m'avait proposé le film. Mais le projet n'avait pas pu aboutir pour des raisons financières. Aucun des films de Gus Van Sant ne ressemble à un autre. Chacun d'eux est différent, sauf un peu «Elephant Man» et «Paranoïd Park» qui sont un dans la même lignée. Je suis un fan de Gus Van Sant. Et sur le film, j'étais son dévoué. Pour moi, Gus est une sorte de Hal Ashby ( le réalisateur américain de «Harold et Maude» et «Retour» notamment).».
Sur le mariage gay, en faveur duquel il s'est déclaré lors de la cérémonie des Oscars, le 22 février. «Ce film participera sans doute au dialogue sur la proposition 8 à la Cour suprême», a déclaré Sean penn. demain, jeudi 5 mars, la Cour suprême de l'Etat de Californie doit en effet entendre les arguments des partisans et des opposants au mariage homosexuel, avant de rendre une décision dans les 90 jours. Adoptée en novembre lors d'un référendum d'initiative populaire, la «proposition 8» avait refermé la parenthèse de quatre mois pendant laquelle des couples homosexuels avaient pu légalement se marier en Californie. «Allons-nous vaincre aujourd'hui ?... Je n'en sais rien, a poursuivi l'acteur, mais le train est en marche et cette mesure sera renversée. J'ignore quand, mais elle le sera.» Sean penn a ajouté : «On m'a demandé un jour de dire quelle était la différence entre le luxe et le nécessaire, pour un être humain. Le droit à l'égalité pour tous, y compris les homosexuels, fait évidemment partie du nécessaire. C'est pour cette raison que ce droit deviendra une réalité et je pense qu'à sa façon, ce film y participera».
Sur l'Oscar du meilleur acteur. «Mickey Rourke est un vieil ami. On s'était rencontrés l'an dernier au Festival de Toronto, où nos deux films étaient présentés ( «The Wrestler» et «Milk»). Peu de temps avant, il avait gagné le prix d'interprétation à Venise pour son rôle de catcheur vieillissant et magnifique dans «The Wrestler». Evidemment, nous ne pensions pas alors nous retrouver tous les deux en compétition pour un Oscar. Mickey a payé longtemps les terribles déclarations qu'il a faites sur Hollywood. Désormais, cela appartient au passé. L'important c'est que, maintenant, il soit revenu au premier plan et qu'il soit là pour longtemps. Quant à l'Oscar, je peux vous dire qu'à 75 %, j'étais sûr de ne pas l'avoir.»
Sur son engagement politique. «Je me suis senti vraiment seul à Hollwood quand j'avais exprimé mon opposition à la guerre en Irak. Là, c'est fort heureusement tout le contraire. Beaucoup d'acteurs ont réagi en faveur du mariage gay. Y compris Brad Pitt, et je lui tire mon chapeau !».
Sean Penn trouve ici l'un de ses meilleurs rôles, si ce n'est son meilleur. On a rarement vu l'interprète de Mystic River incarner un rôle avec une telle conviction, une telle vérité, sans jamais tomber dans la singerie. C'est aussi pour lui qu'il faut voir ce très beau film politique d'une effrayante actualité.

© leparisien.fr/ Wikipédia

Un film réalisé par Gus Van Sant, Avec : Sean Penn, Emile Hirsch, Josh Brolin, James Franco. Durée :2h07. En salles depuis le 4mars 2009.
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# Posted on Sunday, 08 March 2009 at 4:50 PM

Edited on Sunday, 08 March 2009 at 5:23 PM