CONNAISSEZ-VOUS PATRICE PLUYETTE ?

CONNAISSEZ-VOUS PATRICE PLUYETTE ?
Le Blog d'André d'André Bonet, samedi 7 mars 2009. Epoustouflant ! Je ne connaissais pas Patrice Pluyette que j'ai vu vendredi 6 mars à l'émission de Georges Pernoud, Thalassa. Je me suis précipité sur son dernier roman La Traversée du Mozambique par temps calme. Quel livre incroyable ! L'écriture est habile et magnifique. Une sublime découverte, un livre à ne pas râter.
Le capitaine Belalcazar, archéologue à la retraite et vague descendant d'un conquistador espagnol, met les voiles une nouvelle fois vers la jungle du Pérou pour trouver l'or de la mystérieuse cité inca de Païtiti. Un beau bateau, une belle équipe, un itinéraire rigoureusement planifié : cette tentative sera la bonne. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Les obstacles se multiplient. On n'a pas fini d'être surpris. Et l'auteur semble y prendre un malin plaisir.

Après un recueil de poèmes paru en 2001, Décidément rien (Éditions-Galerie Racine), il a publié deux romans ou récits très remarqués chez Maurice Nadeau : Les Béquilles (2004) et Un vigile (2005). Par la suite, il publie deux romans aux Éditions du Seuil : Blanche (2006) et La Traversée du Mozambique par temps calme (2008) sélectionné pour le Prix Goncourt 2008 et le Prix Médicis 2008.
Patrice Pluyette est né en 1977 à Chevreuse. Après des études de Lettres Modernes à la Sorbonne et une maîtrîse sur Ionesco (Le Merveilleux dans l'oeuvre théâtrale d'Eugène Ionesco), il interrompt en 2002 les concours pour l'enseignement et se consacre à l'écriture. En 2004, il choisit de s'établir dans le Morbihan. En octobre 2008, le 19e Festival international de géographie lui décerne le Prix Amerigo Vespucci à Saint-Dié-des-Vosges pour cette traversée du Mozambique par temps calme.
Les grands prix littéraires sont passés à côté de ce petit bijou, mais la presse a salué la prouesse et le talent de ce jeune auteur discert, à l'avenir prometteur. Qu'on en juge. Extraits :
"Patrice Pluyette nous embarque dans une épopée parodique à la recherche d'un eldorado moderne. C'est l'une des bonnes surprises de cette rentrée littéraire" (Le Figaro)
"Un roman d'aventure à l'humour ravageur. Une invitation au voyage qu'il ne faut surtout pas manquer : ce livre est sans doute le plus divertissant de cette rentrée littéraire." (Télérama).
"Embarquement pour un voyage au Pérou complètement déjanté. Ce fringant trentenaire déboule avec le roman le plus singulier et le plus drôle de la rentrée." (Lire)
"L'écrivain part à la recherche de son propre trésor: les codes d'un roman d'aventures modernes - en s'inscrivant, peut-être, dans le prolongement d'un Jean Echenoz" (Les Inrockuptibles)
Lu sur le net, dans le journal d'une lectrice ce commentaire : "Autant vous le dire tout de suite : à aucun moment il ne sera question du Mozambique dans ce roman, sauf à considérer le Mozambique comme un archétype de l'imaginaire du voyageur. En fait de voyage, c'est à une traversée farfelue et fantaisiste de l'Atlantique que nous convie Patrice Pluyette. Nous embarquons donc sur la Catherine, affrétée par Belalcazar, archéologue en retraite, pour une expédition à la recherche du trésor de Païtiti, quelque part dans la jungle péruvienne. Deux fois déjà Belalcazar a échoué dans cette quête qui est devenue sa raison de vivre, mais cette fois, c'est sûr, c'est la bonne. Il est d'ailleurs assisté d'un équipage à toute épreuve : Fontaine, la taciturne cantinière, Negook et Hug-Gluq, les deux frères indiens, chasseurs d'ours et dotés de multiples talents. Sans parler de l'énigmatique Malebosse. Mais rien ne va se passer comme prévu et très vite le lecteur va comprendre qu'il ne faut voir dans cette aventure ni logique ni réalisme.
Les phrases de Patrice Pluyette sont traîtresses : elles commencent généralement de manière tout à fait banale, mais de digressions diverses en associations variées, elles atterrissent le plus souvent dans un grand n'importe quoi où la seule règle semble être de faire chanter la langue et d'entraîner le lecteur dans le dernier endroit où il s'attendrait à aller, ne reculant devant aucun anachronisme ni élipse temporelle. On ne s'étonnera donc pas que les voyageurs au lieu d'accoster en Amérique du Sud ne se retrouvent sur la banquise du grand nord. Patrice Pluyette passe ainsi son temps à détourne à plaisir tous les codes du roman d'aventure et toutes les règles du roman en général, faisant apparaître et disparaître des personnages au gré de son bon vouloir sans que personne ne s'étonne. Et quand les personnages se retrouvent dans une situation apparemment sans issue, l'auteur s'en sort par une pirouette qui sous la plume d'un autre m'aurait sans doute fait hurler. Mais tout passe avec Pluyette parce qu'on ne peut qu'admirer l'inventivité de sa plume. Et il en appelle à tout moment au droit souverain de l'auteur, à savoir : faire ce qu'il veut de l'histoire et des personnages.
« Tout brille dans la forêt en cet instant. Les yeux aussi, du reflet de l'eau, et d'excitation. Car les troupes croient que le terme du voyage est proche. L'issue facile. On remonte le fleuve et on trouve Païtiti. Youpi. Criez victoire si vous voulez, serrez-vous dans les bras, plongez sous les bulles du fleuve sans craindre les gardes en peau de croco, mais cinquante bons kilomètres attendent les jambes, c'est l'auteur qui vous le dit. Remonter le fleuve signifie marcher vingt jours à raison de deux kilomètres cinq par jour, et la nuit va bientôt tomber, un lieu de camp doit être trouvé. Pour être en forme une bonne nuit est préférable, couchez-vous tôt, les conditions de marche ne vont pas tarder à se dégrader, le plus dur est à venir. Maintenant, chers personnages, vous faites comme vous voulez, je ne voulais pas plomber l'ambiance, mais au moins les choses sont dites. »
Vous aurez compris que je me suis régalée à la lecture de ce roman du troisième type, dont la fin m'a fait hurler de rire tant elle démonte le mythe de la chasse au trésor. Il n'aurait cependant pas fallu que l'aventure textuelle dure beaucoup plus longtemps, j'aurais sans doute fini par attraper le mal de mer !"
A la question que lui pose Cécile Charonnat, "Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire ?", Patrice, qui a choisi le pari fou de quitter l'enseignement pour se consacrer à l'écriture entièrement répond : "C'est venu un peu comme cela. Alors que je faisais mes études de lettres, j'ai commencé à écrire de la poésie, qui correspond bien à ma nature rêveuse et aérienne. Un de mes poèmes a été publié dans le magazine Ecrire aujourd'hui, cela m'a donné confiance. J'ai écrit de plus en plus. En 2001, j'ai publié un recueil de poésie, Décidément rien, mais le virage s'est réellement opéré en 2002, pendant les épreuves du CAPES, que j'ai quittées au bout de deux heures. J'ai alors compris que je n'étais pas fait pour l'enseignement et que je voulais écrire."
Patrice Pluyette décide donc de vivre de sa plume. C'est un choix audacieux, alors qu'il n'a pas encore 30 ans. Il s'en explique :
"Pour moi, écrire, c'est s'engager corps et âme. Il faut être entièrement disponible pour l'écriture. Au départ, j'ai donc fait quelques petits boulots pour pouvoir payer les factures. Je choisissais des jobs qui me laissaient du temps : enquêteur téléphonique, par exemple. En 2004 mon premier roman est publié. Béquilles raconte l'histoire d'un cascadeur contraint au repos après un accident. Ont suivi deux autres romans, Vigile et Blanche. Maintenant, je me débrouille entre les aides du Centre national du livre, des interventions dans des lycées et des à-valoir de mon éditeur. Le but est de vivre de mes ventes."
Epoustouflant ! Je ne connaissais pas cet auteur et l'ai vu vendredi 6 mars à l'émission de Georges Pernoud, Thalassa. Je me suis précipité sur La Traversée du Mozambique par temps calme. Quel livre incroyable ! L'écriture est habile et magnifique. Une sublime découverte, un livre à ne pas râter.

La Traversée du Mozambique par temps calme, Seuil, 2008. – 317 p.




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# Posted on Saturday, 07 March 2009 at 3:54 AM

Edited on Saturday, 07 March 2009 at 2:33 PM

MGR CLAUDE DAGENS, DE L'ACADEMIE FRANCAISE : VIVRE L'EVANGILE EN UN TEMPS DE CRISE ECONIMIQUE ET SOCIALE POUR FAIRE FACE AU DESANCHANTEMENT QUI IMPREGNE L'AIR DU TEMPS

MGR CLAUDE DAGENS, DE L'ACADEMIE FRANCAISE : VIVRE L'EVANGILE EN UN TEMPS DE CRISE ECONIMIQUE ET SOCIALE POUR FAIRE FACE AU DESANCHANTEMENT QUI IMPREGNE L'AIR DU TEMPS
Mgr Dagens siége au premier fauteuil de l'Académie française. L'évêque d'Angoulême a été élu jeudi 17 avril 2008 par les Immortels. Cet ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de l'Université, docteur ès lettres et en théologie, a succèdé à René Rémond. Il publie Aujourd'hui l'Evangile (Paroles et Silence, 2009). A l'intérieur des métamorphoses laborieuses de notre humanité, l'Evangile est aujourd'hui une puissance de renouvellement et d'espérance. A condition, comme l'écrit Claude Dagens, que nous le laissions s'inscrire et travailler à l'intérieur de nous-mêmes, aujourd'hui et demain...

Celui qui vit le jour à Bordeaux et qui fêtera ses 69 ans le 20 mai prochain est une des fortes personnalités de l'épiscopat français. C'est ainsi qu'on l'a vu, pour la seule année passée, prendre une position publique, sans se soucier de sa « carrière » épiscopale et d'une éventuelle promotion au cardinalat, contre les évolutions en matière de liturgie dans l'Église. Quelques mois plus tard, c'était sur le dossier de l'éducation que cet homme participait à un livre collectif publié chez Odile Jacob, intitulé Pour l'éducation et pour l'École (1). Des catholiques s'engagent, loin des vieux clivages privé-public.
C'est encore lui, au c½ur de l'automne 2007, dans le contexte inquiet de l'Église, qui lançait : « Je ne me résigne pas à la résignation sur l'avenir du christianisme. » C'est à lui, enfin, que l'épiscopat a confié récemment un groupe de travail sur « l'indifférence religieuse et la visibilité de l'Église catholique ».
Sans parler de multiples autres interventions sur la laïcité notamment. Ce pasteur chrétien ordonné en 1970, évêque depuis 1987, intellectuel attentif et exigeant, semble donc ne pas se lasser d'accompagner son époque telle qu'elle est. Il ne désespère jamais.
Mgr Claude Dagens nous invite à méditer l'Evangile en ce temps de Carême. Aujourd'hui l'Evangile : ce titre a valeur d'engagement. Aujourd'hui : c'est à dire en un temps de crise économique et sociale où nous avons à vivre 'espérance du Christ plus forte que ce qui nous éprouve.
L'Evangile : parce qu'il est puissance de conversion pour nos sociétés incertaines et inquiètes. Les interventions réunies dans cet ouvrage se situent clairement dans ce sillage : le temps d'aujourd'hui, avec ses aspects éprouvants, est le temps où les chrétiens sont appelés à manifester résolument la nouvauté de l'Evangile du Christ. Qu'il s'agisse de faire face à l'indifférence religieuse ou au désenchantement qui imprègne l'air du temps, qu'il s'agisse d'affronter les questions de vie et de mort dont les jeunes sont porteurs ou qu'il s'agisse pour les établissement catholiques d'enseignement de faire valoir leur caractère spécifique, le défi est le même : au lieu de se lamenter ou de chercher des coupables, il est urgent d'aller à l'essentiel de la nouveauté chrétienne en vue de l'inscrire dans le tissu de notre société. Ce temps de crise peut être un temps de conversertion : au milieu de ce qui s'effondre et de ce qui émerge, nous n'en finissons pas, comme l'apôtre Paul l'annonçait aux premiers Chrétiens de Rome, de participer à l'enfantement d'un monde nouveau : "Car notre salut est objet d'espérance; et voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer: ce que l'ont voit, comment pourrait-on l'espérer encore? Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c'est l'attendre avec persévérance (Rm 8, 19-25).
A l'intérieur des métamorphoses laborieuses de notre humanité, l'Evangile est aujourd'hui une puissance de renouvellement et d'espérance. A condition, comme l'écrit Claude Dagens, que nous le laissions s'inscrire et travailler à l'intérieur de nous-mêmes, aujourd'hui et demain...

A.B.

Claude Dagens, de l'Académie française, Aujourd'hui l'Evangile, Editions Parole et Silence, 235 p.19¤

(1) Pour l' éducation et pour l' école. Des catholiques s'engagent, est un ouvrage publié en 2007 par les Editions Odile Jacob, sous la direction de Claude Dagens. Contributions de Guy Coq, Roger Fauroux, Henri-Jérôme Gagey, Marguerite Léna, François Boëdec, Gérard Testard, Hugues Derycke, ainsi que d'Isabelle Bocher, André Blandin, Christiane Conturie, Martine Digard, Claire Escaffre, Yves Quéré, Nicolas Renard.
Le défi de l'éducation, de l'éducation pour tous, est redevenu sujet de débat politique. Pour les auteurs de cet ouvrage, vocation chrétienne et mission éducative se croisent et se nourrissent. Il y a, du reste, une tradition chrétienne de l'éducation. Que peut-elle apporter aujourd'hui au-delà du débat entre l'école publique et l'école privée, et dans le respect de la laïcité ?
Le défi de l'éducation, de l'éducation pour tous, est redevenu sujet de débat politique. Pour les auteurs de cet ouvrage, vocation chrétienne et mission éducative se croisent et se nourrissent. Il y a, du reste, une tradition chrétienne de l'éducation. Que peut-elle apporter aujourd'hui au-delà du débat entre l'école publique et l'école privée, et dans le respect de la laïcité ? Pour sortir de l'affrontement public/privé, laïcité/religions. « Face aux enjeux de l'éducation, l'Église est attendue, non pas pour venir au secours d'une société défaillante, mais parce qu'elle porte en elle des ressources spécifiques, spécialement dans le domaine qui concerne l'éveil des libertés, la formation des consciences, la pratique d'une fraternité réelle. Que peut-elle apporter dans un espace public non religieux ? Comment définir un “civisme chrétien” ? Les circonstances actuelles nous appellent, comme catholiques, à nous inscrire à l'intérieur de notre société et à y être effectivement nous-mêmes », écrit Mgr Claude Dagens.

La-croix.com (avec Jean-Marie GUENOIS)
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# Posted on Monday, 02 March 2009 at 11:49 AM

Edited on Tuesday, 03 March 2009 at 1:41 AM

DOMINIQUE FERNANDEZ : AU NOM DU PERE

DOMINIQUE FERNANDEZ : AU NOM DU PERE
Le Blog d'André Bonet, samedi 28 février 2009. Dominique Fernandez signe avec Ramon (Grasset) le livre le plus important de son ½uvre magistrale, couronnée par le Prix Médicis, Le Prix Goncourt, le Prix Méditerranée dont il a rejoint le jury, et désormais par l'Académie française, en tout cas l'ouvrage qui donne la clé de tous les autres. Dominique n'existe pas sans Ramon et Ramon n'existe pas sans Dominique ; un Ramon qui doit être fier de ce fils, qui a fait résonner en décembre 2007 avec tant d'émotion son prénom sous la Coupole. Immortel et méditerranéen, Dominique Fernandez est l'ami d'une vie. Partons à la rencontre de Ramon avec Jean-Jacques Bedu.

Alors qu'est ce que Ramon ?
Ramon est l'histoire d'un homme qui a sombré, un père de famille qui est alors le plus grand esprit de son temps, un écrivain lauréat du Prix Femina en 1932, auteur d'un Molière, (le meilleur jamais écrit) d'un Gide, d'un Proust, d'un Balzac qui font encore de nos jours autorité, assurément le plus grand critique littéraire de l'époque ; socialiste à 31 ans, humaniste de premier plan, fondant et écrivant dans un journal de gauche à 38 et puis, fait incompréhensible, membre d'un parti de brutes fascistes à 46. Ramon c'est surtout l'histoire du fils, Dominique, né, je le cite : « de ce traître, il m'a légué son nom, son ½uvre, sa honte. » Dominique essaye aujourd'hui de comprendre, tiraillé entre sa mère, Liliane, qu'il admire mais qu'il n'aime pas, parce qu'elle est trop vertueuse et son père, Ramon, l'un des plus grands esprits du 20e siècle, qu'il aime, parce qu'il s'est fourvoyé.
Ramon Fernandez, l'un des plus grands esprits de son temps, vous semblez en douter ? Alors comment expliquer que, pendant la Première Guerre mondiale, en pleine nuit, Proust traverse Paris plongé dans les ténèbres, et sonne à la porte de Ramon. Il lui demande seulement de lui prononcer deux mots : senza rigore. Ramon ne sait pas l'italien, mais il est connu pour ses dons d'imitation. Proust lui dit, je le cite : « Merci, j'ai l'intention de mettre ces deux mots dans une page de mon roman, et j'avais besoin de les entendre résonner avec leur sonorité musicale exacte. »
Alors, me direz-vous, après ce portrait élogieux quelle est la faute de Ramon ? Je pense celle d'avoir fait parti, en compagnie d'autres intellectuels français bien loin de l'égaler, de l'infamant et calamiteux voyage de Weimar en octobre 1941, d'où il tire un portrait de Goebbels, que d'aucun ont dit laudatif. Mais peut-être faut-il savoir lire entre les lignes ; ce Goebbels avec son « regard maritime » relève bien plus de l'ironie subtile que d'une quelconque flagornerie. En réalité, Goebbels, il le méprise, lui et sa logorrhée nazie.

Le drame de l'autodestruction

Sa faute ? Ecrire dans une presse collaborationniste. Ne nous méprenons pas Ramon Fernandez n'est pas le sinistre Brasillach, honte de notre ville de Perpignan puisqu'il y est né ; jamais Ramon Fernandez n'a écrit la moindre ligne infamante à l'égard du peuple juif, jamais il n'a collaboré à l'abject Je suis partout, jamais Ramon n'a dénoncé un résistant, lui qui habitait dans le même immeuble que Marguerite Duras où résistants et collaborateurs étaient alors voisins de paliers. Ramon n'était pas un criminel.
Ramon Fernandez collaborateur ! Oui, et c'est inacceptable ; on ne saurait en douter quand il parade dans l'uniforme du PPF, à la tribune, aveuglé par la force oratoire de l'horrible Doriot, mais, convenons-en, un drôle de collaborateur qui, aux heures les plus sombres de la collaboration ose faire l'éloge funèbre de Bergson, qui s'enregistra comme juif pour montrer son courage. Un singulier collaborateur qui, en 1943, publie un Proust, l'auteur de la Recherche, notoirement détesté par l'occupant car à ses yeux décadent, homosexuel et à moitié juif. Ca, ce n'est pas de la collaboration, c'est de la résistance intellectuelle ! Et quand vous saurez que Ramon Fernandez prenait toujours place dans le wagon de queue dans le métro, réservé aux juifs, vous ressentirez comme moi un malaise : celui de ne rien comprendre à l'ambivalente personnalité d'un Ramon Fernandez ami de Proust, Gide, Saint-Exupéry, Maurois, Malraux, Paulhan et Mauriac !
Mais Dominique, le petit garçon de quinze ans, un brassard noir cousu sur sa veste grise, qui mena le cortège funèbre le 5 août 1944, 65 ans plus tard et après plus de 800 pages follement romanesques, a-t-il résolu cette énigme, lui qui l'a si peu connu et ne souvient pas d'une seule phrase que son père lui ait prononcé ? Peut-être nous le dira-t-il.
Ramon est le drame de l'autodestruction, de l'homosexualité refoulée, le drame du désastre conjugal et surtout le drame de l'enfance, d'un homme dans les griffes d'une mère trop possessive, qui régente sa vie, lui passe tous ses caprices sauf celui d'aller combattre dans les tranchées, et surtout lui interdit, par un odieux chantage, de répondre à l'appel du 18 juin.
Ramon est le drame d'un dandy des années folles, qui aime les femmes, la vitesse, les Bugatti et le Tango.
Ramon est le drame d'un homme qui se sait condamné, qui sombre dans la violence conjugale et dans l'alcool dont il abuse en tombant de sa chaise, ivre mort, à la terrasse de Lipp. Symbole et prémisse de la chute. Ramon meurt de tous ses excès le 2 août 1944, à quelques semaines de l'épuration dont il aurait subi les affres du déshonneur, et deux jours après la mort de deux de ses grands amis résistants : Jean Prévost et Antoine de Saint-Exupéry.
Alors Dominique, merci d'être né de ce traitre. Il t'a certes légué son nom, son ½uvre et sa honte mais tu es la preuve bien vivante que, selon la Bible, si les fils payent pour les fautes de leurs pères, ils peuvent aussi hériter de la meilleure part de leur génie.

J.J. Bedu

Dominique Fernandez, de l'Académie française, Ramon, Grasset. 810p. 24.90¤
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# Posted on Saturday, 28 February 2009 at 1:37 AM

Edited on Saturday, 28 February 2009 at 3:09 AM

NANA MOUSKOURI, AMBASSADRICE DE LA MEDITERRANEE EST VENUE DEDICACER SES MEMOIRES, "LA FILLE DE LA CHAUVE-SOURIS", SAMEDI 21 FEVRIER A PERPIGNAN ET A PORT-LA-NOUVELLE

NANA MOUSKOURI, AMBASSADRICE DE LA MEDITERRANEE EST VENUE DEDICACER SES MEMOIRES, "LA FILLE DE LA CHAUVE-SOURIS", SAMEDI 21 FEVRIER A PERPIGNAN ET A PORT-LA-NOUVELLE
Le Blog d'André BONET, dimanche 22 février 2009 - Ses lunettes sont, avec celles d'Elton John, les plus célèbres au monde. Avec lui, elle partage aussi quelques records de disques vendus. Nana Mouskouri était l'invitée du CML, samedi 21 février, à l'occasion de la dédicace de ses mémoires "La fille de la Chauve-souris" (Editions X.O). Un livre événement sur une femme secrète et une artiste passionnée. Plus de 500 personnes sont venues à la rencontre de Nana Mouskouri, de Port-La-Nouvelle à Perpignan.

La venue de Nana Mouskouri à Perpignan était en effet un véritable évènement. Cette rencontre était organisée par le CML et les Éditions Raoul Breton, dont le Président Gérard Davoust avait déjà accompagné, à plusieurs reprises son ami Charles Aznavour à Perpignan, dont il est également l'éditeur .
Nana Mouskouri, cette artiste de légende, qui a vendu plus de 400 millions d'albums dans le monde, décroché plus de 300 disques d'or, chanté sur toutes les scènes internationales avec les plus grands, accepte pour le première fois d'ouvrir la porte de ses souvenirs.Ceux d'une enfant, née en Grèce dans les années 1930, ayant subi la guerre, les privations, les déchirements de ses parents et la passion de son père pour le jeu.
Ceux d'une adolescente timide et complexée, que seule la passion du chant faisait vibrer et qui a dû choisir, malgré elle, entre son amour pour la musique classique et sa fascination pour les chansons populaires. Ceux de la femme, aussi, avec ses incertitudes, ses tourments amoureux. Les arbitrages difficiles entre sa raison de vivre, la musique, et sa vie d'épouse et de mère.Ceux de la citoyenne qui s'est engagée pour l'Unicef et fut députée européenne.Ceux enfin de la star internationale...


Militante pour la paix

Le premier disque qu'elle fait en Allemagne "Weisse Rosen aus Athen" est un triomphe. Il se vend à plus d'un million d'exemplaires. Elle part ensuite enregistrer aux Etats Unis "The girl from Greece sings" avec le talentueux producteur Quincy Jones. Elle se rend aussi à Londres et enregistre une ballade américaine "My colouring book" qui fait d'elle une grande vedette dans ce pays. Son pays natal, la Grèce ne l'oublie pas : elle y devient aussi une star. Le célèbre compositeur Michel Legrand commence à travailler avec elle dès 65 et lui fait enregistrer "les Parapluies de Cherbourg", suivi en 65, de "l'Enfant au tambour". Cette même année, elle enregistre aussi aux Etats-Unis un nouvel album "Nana sings". Les chansons qu'elle enregistre en français remportent un vif succès. L'album "le Jour où la colombe" en est un bon exemple probant. Il regroupe des chansons fétiches comme "Au c½ur de septembre", "Adieu Angelina" ou "Robe bleue robe blanche". Nana Mouskouri reste aujourd'hui la grande chanteuse internationale qui passe son temps en dehors de chez elle, de Rome à Hambourg en passant par le Japon ou les Etats-Unis. Rares sont les artistes aussi cosmopolites au talent reconnu par tous. On la dit petite s½ur de Maria Callas à cause sans doute de sa formation classique. Sa voix est limpide et sa diction, parfaite. Par amour de son public, elle a appris plusieurs langues dont l'anglais, l'espagnol, l'italien, l'allemand et le portugais. Elle est à la scène comme à la ville, sereine et calme. Vedette qui court les cinq continents, elle enregistre et donne des récitals partout dans le monde.
En mai 98, Nana Mouskouri se rend en Bosnie sous l'étiquette de membre du parlement européen afin de financer la construction d'une école. Mais c'est la chanteuse qui en a récolté les fonds lors d'un concert donné en Allemagne le 1er mars. Nana Mouskouri continue de sauter d'un avion à l'autre pour dire adieu à tous ses fans. Elle est aux Etats-Unis en avril, au Canada en juin, en Europe de septembre à novembre... Depuis 1958, plus de 1500 chansons ont été commercialisées à travers le monde et Nana Mouskouri aurait vendu entre 300 et 400 millions de disques.

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# Posted on Monday, 16 February 2009 at 4:37 AM

Edited on Monday, 23 February 2009 at 12:47 PM

CHARLES AZNAVOUR, AMI DU CML, ACCEPTE DE DEVENIR AMBASSADEUR D'ARMENIE EN SUISSE

CHARLES AZNAVOUR, AMI DU CML, ACCEPTE DE DEVENIR AMBASSADEUR D'ARMENIE EN SUISSE
Le Blog d'André BONET, samedi 14 février 2009. Le chanteur français d'origine arménienne Charles Aznavour, fidèle à Perpignan à travers le CML qu'il affectionne, a annoncé jeudi avoir accepté de devenir ambassadeur d'Arménie en Suisse, dans une interview à la télévision de cette ex-république soviétique du Caucase. Le CML lui rendra un bel hommage cette fin de semaine à Perpignan, avec la présence exceptionelle de Nana Mouskouri et de Gérard Davoust, Président des Editions Raoul Breton.

"C'est un grand honneur que l'Arménie m'a proposé d'être son ambassadeur (...) en Suisse", a déclaré le chanteur dont les propos étaient traduits du français et diffusés en arménien.
"D'abord, j'avais des doutes (...), ensuite j'ai pensé que ce qui est important pour l'Arménie doit être important pour nous tous. Et j'ai accepté la proposition avec plaisir et joie", a-t-il ajouté.
Agé de 84 ans, le chanteur a entretenu toute sa vie des liens étroits avec la terre de ses ancêtres.
Né à Paris de parents arméniens, il avait fondé en 1988 le comité "Aznavour pour l'Arménie" pour collecter des fonds après le tremblement de terre qui avait dévasté le nord du pays et coûté la vie à environ 25.000 personnes.
Aznavourian, de son vrai nom, s'était rendu sur place et avait écrit le texte de la chanson humanitaire "Pour toi Arménie". Elle a été enregistrée début 1989 avec 90 artistes et s'est vendue à plus d'un million d'exemplaires.
Pour ses 80 ans, Aznavour avait été nommé en 2004 "héros national" de l'Arménie par le président de l'époque, Robert Kotcharian. En 2001, une place d'Erevan avait été baptisée à son nom, avec une statue à son effigie.
En décembre 2008, le chef de l'Etat arménien, Serge Sarkissian, lui a conféré la citoyenneté arménienne.

L'ami de Perpignan

Charles Aznavour était une nouvelle fois l'invité du CML à l'Institut français de Barcelone, le 28 mai 2008, à l'occasion de la présentation de son recueil de nouvelles « Mon père, ce géant» (Flammarion). La capitale catalane a réservé a Charles Aznavour un véritable triomphe. Il présida égaement l'hommage rendu l'été dernier à Leucate à l'ami Charles Trenet, lors d'une soirée exceptionnelle dans le cadre des "Méditerranéennes", en présence, entre autre, de Linda Lemay, Grand Corps Malade et Michel Drucker....
Après une autobiographie, Le temps des avants et un album de photos souvenirs, l'auteur-compositeur-interprète, lance un recueil de nouvelles "Mon père, ce géant" (Flammarion). « On ne devient pas écrivain du jour au lendemain », laisse entendre modestement Charles Aznavour à propos de cette première oeuvre de fiction. A l'occasion de sa tournée mondiale qui signe la fin de sa carrière, Charles Aznavour vient de se produire les 8 et 9 mai 2008 dernier à l'espace Riesco de Santiago après 15 ans d'absence au Chili. C'est au printemps 2005 que Charles Aznavour a commencé une tournée d'adieu en Amérique du Nord puis courant 2007 à travers le Japon, L'Europe, l'Asie et l'Amérique du Sud en passant par Santiago. Charles Aznavour a donc accepté dès son retour du Chili l'invitation du CML à Barcelone, où le public catalan s'apprête à lui réserver un accueil chaleureux.
Considéré comme l'un des monstres sacrés de la chanson, Charles Aznavour est indéniablement l'un des auteur-compositeur-interprète français les plus connus dans le monde. Il a joué dans plus de soixante films et chanté dans cinq langues. On lui octroie la qualité de rendre l'amour malheureux sympathique à la gent féminine. Une façon de sublimer les amours insatisfaits. Cocteau s'est demandé, "Comment s'y prend-il, cet Aznavour, pour rendre l'amour malheureux sympathique aux hommes? Avant lui, le désespoir était impopulaire. Après lui, il ne l'est plus... "

Un bourreau de travail

Issu d'une famille d'artistes, Charles Aznavour est né à Paris en 1924. Il débuta très tôt sa carrière de chanteur et de comédien dès l'âge de neuf ans. Il fut remarqué par l'éminente Edith Piaf en 1946. Pierre Roche et Aznavour formèrent un duo qui accompagna Edith Piaf dans une tournée en France et aux Etats-Unis. Charles Aznavour fit de plus en plus fuser les critiques, on lui reprocha ses gestes indécis, sa voix inexperte... des critiques auxquelles il répond par un "Rien ne peut vaincre 17 heures de travail par jour !"
Son mythique "Je m'voyais déjà" du concert du 12 décembre 1960 dans la salle de l'Alhambra marqua son premier grand succès. Sur le moment, son succès était pourtant auguré sous des auspices non favorables. Le premier salut se solda d'un silence glacial. Aznavour était alors prêt à quitter le métier. Décidant de revenir saluer le public une dernière fois, il croula sous un tonnerre d'applaudissements... Son dur labeur et sa volonté farouche ont porté leurs fruits. Ses 60 ans de carrière en font l'un des plus grands mythes de la chanson française.
Dans Mon père, ce géant, Charles Aznavour aborde des thèmes « très près de l'humanitaire, très près de l'humain ». Le chanteur est conscient d'être « un homme d'hier, sans être du passé. Il y a des principes auxquels je tiens », dit-il. Ces histoires ont lieu au Québec, à Paris et en province.
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# Posted on Friday, 13 February 2009 at 11:59 AM

Edited on Saturday, 14 February 2009 at 3:01 AM